Cauchemars récurrents
Point sur le moral et la santé suite au suicide de ma sœur, trois mois plus tôt. Ce n’est guère brillant…
Un ami m’a récemment fait remarqué qu’il s’était étonné que je passe aussi vite, sur ce blog, d’un fait aussi tragique que la disparition de ma sœur à des articles aussi légers qu’une webcam chaude avortée. Mais entre nous, avez-vous envie de lire au quotidien les lamentations d’un dépressif multi-récidiviste ?
D’une part, les divers articles publiés dans les jours suivant le décès de ma sœur avaient été, pour la plupart, rédigés bien avant. Il faut savoir en effet que je rédige souvent des articles à l’avance, et que les dates de publication ne coïncident que rarement avec les dates de rédaction. D’autre part, ce blog n’est pas toute ma vie, et n’est pas représentatif de celle-ci. Enfin, puisqu’en voyeurs avisés, chers lecteurs, vous voulez tout savoir, je fais des cauchemars récurrents qui continuent à me traumatiser, trois mois après les faits.
Dans la première série de cauchemars, ma sœur défunte est là, vivante, comme si elle avait toujours été là. D’ailleurs, tout le monde considère cela normal. Je suis le seul à croire qu’elle est décédée, et personne ne me croit. Pour preuve ? Elle est là, parmi nous, bien vivante. Réveil difficile.
Dans la deuxième série de cauchemars, ma sœur défunte est là, vivante, comme si elle avait toujours été là. Seulement, je suis le seul à la voir, et personne ne me croit. Tout le monde me rappelle qu’elle est décédée, et j’en viens à la conclusion que j’ai des hallucinations. Réveil difficile.
Dans un cas comme dans l’autre, le résultat est que je dors mal, très mal. J’éprouve les plus grandes difficultés à m’endormir, trop anxieux pour trouver le sommeil, angoissé d’avoir de nouveaux cauchemars, à m’endormir, appréhendant le lendemain avec stress.
Car j’ai peur de mon téléphone, celui qui m’avait réveillé à l’aube ce jour-là, celui qui me sert aussi de réveil. La sonnerie de mon téléphone me faut sursauter et provoque une angoisse permanente. Va-t-il sonner ? Restera-t-il silencieux ? Qui m’agresse donc avec cette sonnerie ? Dois-je répondre ?
Et cela a des conséquences sur ma vie sociale, désormais quasi-inexistante. À force de me méfier des moyens de communication modernes, que ce soit le téléphone, mais aussi simple courrier, messagerie instantanée ou tout autre moyen de communication intrusif ou non, je perds contact avec mes proches, amis, famille. Car après tout, lire ou entendre une nouvelle, c’est avoir à en assumer les conséquences. Tout ignorer peut sembler alors une solution temporaire, mais l’ignorance en elle-même est angoissante. Gros dilemne : angoisser en sachant, ou angoisser en ignorant ? Du coup, une fois réveillé, je fais tout pour me rendormir, quitte à courir le risque de nouveaux cauchemars.
Les médicaments n’ont pas les effets escomptés, et la psychothérapie n’agit pas très rapidement. Alors oui, j’ai beau comprendre que le temps m’aidera à aller mieux, vivre devient un supplice, et les idées noires qui commencent petit à petit à envahir ma tête ne m’aident pas à me sentir mieux. Mais rassurez-vous, aucun risque de suicide, de mon côté. Si j’avais été suicidaire, je serais passé à l’acte depuis longtemps. Mais c’est d’autant plus frustrant de vivre avec des idées de plus en plus obsessionnelles de disparition. Oh, si seulement nous étions pourvus d’un bouton marche-arrêt…
Réactions des lecteurs
Il y a 5 réactions pour l'article Cauchemars récurrents.
Caline a écrit le 4 mai 2008 à 21:28 :
*bisous*
Reveried1soir a écrit le 5 mai 2008 à 10:26 :
Bonjour
Juste un petit conseil Ralphy, certes terre à terre et qui sera loin de tout résoudre. Ca semble bête mais, change la sonnerie de ton tel, celle qui te sert pour tes appels, te réveiller etc…
Je sais que c’est évident comme truc, mais dans notre inconscient affectif, tellement de détails banals peuvent nous ramener à des choses très douloureuses…et un tel, c’est tellement récurrent…Si tu as besoin de parler un jour, tu peux ajouter mon adresse de messagerie. Simplement, je ne me connecte qu’irrégulièrement et dans certaines périodes, pour ainsi dire pas! C’est loin d’améliorer mon réseau social aussi, à moi, mais tant pis.
Le printemps a l’air de sourire aujourd’hui…Bonne journée
Natacha a écrit le 14 mai 2008 à 21:19 :
Tu as raison, on n’imagine pas… mais je ne sais pas si ça changerait notre décision si on le pouvait.
Varios a écrit le 20 mai 2008 à 15:43 :
Que dire. Je parcourais ton site au hasard de mes pérégrinations sur la toile…site/blog fort sympa au demeurant.
Condoléances d’abord. Ensuite…eh bien les idées noires ne sot que des idées.
Les hommes sont ainsi fait : le temps efface peu a peu les douleurs. Ne resteront que les bons souvenirs de l’être pour qui tu t’endeuilles.
Oui chaque coup de téléphone est une surprise. Chaque pop up de fenêtre aussi. Chaque pulsation d’information peut sonner le glas de l’un ou porter le bonheur de l’autre. C’est un fait. La vie porte en elle ses aléas, et c’est ce qui la rend intéressante à vivre. Aurais tu été mieux préparé si tu avais connu l’heure exacte, le moment, la date? Je ne pense pas.
Je sais que tout ceci ne t’aidera peut être pas. Mais ça ne me coute que quelques minutes en remerciement des minutes passées a éplucher tes articles et a sourire : la vie continue avec ou sans toi. C’est un fait.
Alors arrête toi sur le bas côté, juste le temps de souffler, de reprendre haleine. De comprendre a nouveau que la vie et avant tout une lutte.
Tu replongeras dedans grandis, et renforcé par cette douloureuse expérience. Du moins je le pense, d’après ce que j’en ai lu sur toi a travers ces pages.
Si je peux te conseiller une lecture : Pensées pour moi même, de Marc-Aurèle. Un des premiers ouvrages du courant stoïc. La lecture est aisé, et le message clair comme de l’eau de roche.
Keep on rocking.
evilbee555 a écrit le 4 décembre 2009 à 19:38 :
pour des terreurs nocturnes l’EMDR m’a permis de m’en sortir
tchou tchou car si je continue à cliquer sur les liens je n’en finirais jamais
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