Cochonneries entre amis
Une soirée entre amis permet de découvrir un monde tout à fait étrange d’une écrivaine en devenir.
Alors c’est l’histoire d’une île dans le Pacifique pleine d’Amazones dévorant tout homme qui s’y risque sans y être invité. Même l’armée Australienne n’aurait pas réussi à y mettre pied. Telle est — très raccourcie et incorrectement déformée – l’histoire du roman de l’une des convives. Mais la voilà qui explique que dans certaines sociétés tribales du Pacifique, les femmes allaiteraient des porcins. « C’est le lien avec la nature que nous, dans nos sociétés modernes, avons perdu », surenchérit une autre. Je crois rêver. Serait-ce la fumée du feu qui nous réchauffe qui me fait délirer ?
Un coup d’oeil rapide aux alentours m’indique que je ne suis pas en train d’halluciner. Non, je ne suis pas sur un vague chat pour adultes, mais bel et bien « dans la vraie vie », comme il est coutume de la qualifier (à tort ?), participant à un week-end d’anniversaire. Une amie — certes indirecte, mais fort sympathique — fête son trentième anniversaire. Certaines convives projetant rejoindre leur propre lit plutôt que de tenter un sac de couchage dans l’une des chambres du gîte, le taux d’alcolémie ne semble guère élevé. Le soir et la température tombés, certains invités en profitent pour former un petit cercle autour du feu, pendant que d’autres se réchauffent sur la piste de danse.
« Il faut dire que ces tribus n’ont pas les mêmes critères de beauté », une nouvelle pierre vient de s’ajouter à l’édifice. D’autres se félicitent que ces femmes aient préféré nourrir au sein des cochons plutôt que des veaux. « Oui, parce qu’un veau, je ne te dis pas la troche du sein ! » se hasarde une jeune femme. « Eh bien, je trouve que nourrir un enfant au sein n’est guère agréable », annonce une mère. « J’avais l’impression d’avoir un p’tit vieux édenté accroché à ma poitrine », poursuite cette jeune maman. « Au moins, avec un porc, ça doit sembler plus vivant », conclut-elle. Dans une telle ambiance, je me demande bien pourquoi je m’étais abstenu de noter qu’il n’y avait pas que dans le Pacifique que les femmes se faisaient sucer par des porcs…
Oui, parfois, une discussion au coin du feu n’a rien à envier au plus délirant des chats…
Réactions des lecteurs
Aucune réaction, soyez le premier à réagir ! pour l'article Cochonneries entre amis.
Justine Miso. a écrit le 23 octobre 2005 à 9:56 :
J’aime beaucoup la phrase « il n’y a pas que dans le pacifique que les femmes se font sucer par des porcs »
julie a écrit le 23 octobre 2005 à 10:16 :
J’ai connu un couple (ils faisaient tout pour me mettre entre eux dans un lit, les pauvres – je dis les pauvres parce qu’ils n’y sont jamais arrivés) dont la femme avouait sans complexe que le fait d’allaiter l’excitait prodigieusement. Nature généreuse, elle allaitait le fils et puis le père.
Comme quoi, une femme n’est pas l’autre.
Go-Go-Yubari a écrit le 23 octobre 2005 à 13:45 :
Hé bien, quelle soirée!!! le feu délie-t-il les langues?
ralphy a écrit le 23 octobre 2005 à 15:06 :
Cette phrase, chère Justine Miso., ne te laisse pas échapper une exclamation telle que « pauvres hommes… »? Pourtant, ces hommes ne pensent souvent qu’au bien être et au plaisir de leur partenaire de jeux amoureux, et ne voici-t-il pas que je les traite de porcs ? ;-)
Je me demandais justement, julie, si certaines femmes n’éprouvaient pas une certaine gêne, voire une certaine culpabilité à ressentir des sensations érotisantes durant l’allaitement. Tout le monde connaît la petite blague :
Quelle est la différence entre la poitrine d’une femme et un train électrique ?
Aucun ! Les deux sont faits pour les enfants, mais c’est papa qui joue avec !
Du coup, je me demande si cette gêne ne contribue pas au changement dans le comportement lors des jeux amoureux de certaines femmes. Un blog tel que Mes relations sexuelles avec ma femme en est un parfait exemple.
Je devine, Go-Go-Yubari, que les langues se délient plus facilement autour du feu dans une ambiance festive, où les convives se connaissent encore peu pour la plupart, à mille lieux des repères habituels, l’alcool aidant, malgré une dose raisonnable. L’inhibition qui nous retient de dire ce qui nous passe par la tête disparaît et permet d’exprimer certains sujets que l’on n’oserait pas dire dans une situation habituelle…
julie a écrit le 23 octobre 2005 à 18:19 :
N’ayant jamais allaité, je suis mal placée pour te répondre. Ma mère disait que je mordais quand je prenais le sein, ce qui rendait l’opération quelque peu douloureuse. Mon frère, par contre, tétait comme un agneau – mais je me vois mal demander à ma mère si elle en éprouvait du plaisir.
Je suppose que certaines femmes doivent culpabiliser si elles éprouvent du plaisir durant l’allaitement. D’autres, comme celle dont je parle plus haut, ne ressentent sans doute pas cette culpabilité vaguement liée à l’inceste – peut-être.
Il serait intéressant que plusieurs femmes ayant allaité se racontent.
Si j’deviens môman, promis, j’te raconte.
Réagir à cet article
Tchat
Discutez en direct sur ce tchat gratuit où vous pouvez vous exprimer à loisirs, dans un français correct, dans le respect des autres et des lois en vigueur.
