Excision
L’excision est une pratique rituelle visant à retirer partiellement ou en totalité les organes génitaux féminins externes, à savoir essentiellement le clitoris et les petites lèvres. Cette pratique est totalement interdite en France, ainsi que dans de nombreux pays.
La Wikipédia nous apprend que l’excision est une :
Pratique rituelle qui consiste, chez la femme, dans l’ablation du clitoris et des petites lèvres. Autre nom : clitoridectomie.
[...] au-delà de l’ablation totale des organes génitaux externes, on rencontre également :
- une ablation du clitoris seul
- des ablations partielles
- la suture des petites lèvres ou infibulation (le plus souvent, pour
préserver la virginité d’une petite fille ; l’opération est alors ensuite complétée à l’adolescence par une excision véritable ou peut être renversée par un parent ou le mari lors du mariage)- des pratiques chirurgicales visant à la création de tissus cicatriciels, le gratage de l’orifice vaginal ou l’incision du vagin
- l’introduction de substances corrosives ou abrasives dans le but de provoquer un resserrement du vagin
- l’introcision (pratiquée par les aborigènes Pitta-Patta d’Australie et les Conibos, branche des indiens Panos, au Pérou) qui consiste à élargir l’orifice vaginal avec une lame en
pierre.
Sur le site Les droits de l’enfant (L’excision), l’on apprend :
L’excision féminine, une tradition rituelle profondément ancrée dans les mœurs
L’excision féminine, une tradition rituelle profondément ancrée dans les mœurs
La mutilation de l’appareil génital féminin est un rite millénaire. On ignore cependant où et pourquoi il s’est développé. L’excision représente actuellement pour les fillettes, avec le mariage, la cérémonie la plus importante de leur vie : ce n’est qu’après s’être soumises au rite de l’excision qu’elles deviennent de jeunes femmes et qu’elles sont pleinement acceptées et reconnues dans la communauté. [...] Les raisons de l’excision diffèrent d’une région et d’une ethnie à l’autre. Beaucoup pensent à tort que l’Islam prescrit l’excision. Les femmes non excisées sont considérées comme impures et incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles. D’autres ethnies croient que le clitoris peut empoisonner l’homme ou l’enfant à la naissance. D’autres encore croient que le clitoris est un organe masculin qu’il convient de couper afin que la fillette devienne une femme à part entière. Les hommes refusent d’épouser des femmes non excisées. Beaucoup d’entre eux croient que les femmes non excisées sont toujours adultères, que le clitoris retient le pénis prisonnier lors d’un rapport sexuel et que la pénétration est impossible chez les femmes non excisées.
L’article sur Les mutilations sexuelles feminines de l’Organisation Mondiale de la Santé indique les conséquences pour la santé :
Conséquences pour la santé
Les conséquences immédiates et à long terme des mutilations sexuelles féminines pour la santé varient selon le type et la gravité de l’intervention pratiquée.
Les complications immédiates comprennent douleurs, choc, hémorragie, rétention d’urine, ulcération de la zone génitale et lésions des tissus adjacents. Hémorragie et infection peuvent entraîner la mort.
Ces derniers temps, on s’est inquiété du risque de transmission du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) parce qu’un seul instrument est utilisé pour de nombreuses opérations, mais cette question n’a pas fait l’objet de recherches approfondies.
Parmi les conséquences à long terme figurent kystes et abcès, formation de chéloïdes, lésions de l’urètre entraînant une incontinence urinaire, dyspareunie (rapports sexuels douloureux), dysfonctionnement sexuel et problèmes pendant l’accouchement.
Santé psychosexuelle et psychologique : les mutilations sexuelles peuvent marquer à vie la mémoire de celles qui les ont subies. A plus long terme, les femmes peuvent souffrir d’un sentiment d’inachèvement, d’angoisse ou de dépression.
La Fiche d’information : mutilations génitales féminines/excision de l’UNICEF rappelle quelques notions de droit des filles et des femmes :
Les mutilations génitales féminines/l’excision constituent une violation fondamentale des
droits des filles et des femmes tels qu’ils sont énoncés dans de nombreuses conventions
internationales, et notamment dans la Convention relative aux droits de l’enfant et dans
la Convention sur l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes. Il
s’agit d’une pratique discriminatoire qui prive les filles et les femmes de leur droit à
l’égalité des chances ; de leur droit de disposer des meilleures conditions possibles de
santé, de leur droit de vivre à l’abri de toutes les formes de violence physique et
mentale, de préjudices corporels ou de maltraitance ; de leur droit d’être protégées des
pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé des enfants et des femmes ; de leur
droit de prendre des décisions en matière de procréation sans être victimes de discrimination, de coercition et de violence ; de leur droit de vivre à l’abri des préjugés et
d’autres pratiques fondées sur l’infériorité ou la supériorité présumée de l’un des deux
sexes ou sur l’attribution aux hommes et aux femmes de rôles stéréotypés.
Rappelons qu’en France, l’excision est interdite, assimilée à un crime, et sévèrement punie par la loi, comme nous l’indique l’article Les mutilations sexuelles féminines du Ministère de la parité et de l’égalité professionnelle :
Les « affaires d’excision » ont été jugées en correctionnelle jusqu’en 1983 où la cour de cassation a établi que l’ablation du clitoris était bien une mutilation au sens du code pénal français, à l’occasion du jugement d’une femme française ayant mutilé sa fille. Il s’agissait d’une affaire de mauvais traitement ne relevant pas d’un contexte traditionnel. Les peines prévues pour l’auteur d’une mutilation sont définies par le code pénal. :
- 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende (art.222-9)
- 20 ans de réclusion criminelle si la mutilation est commise sur un mineur de moins de quinze ans par un ascendant légitime, naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur le mineur (art. 222.10).
Dans les affaires » d’excision traditionnelle » traitées par la justice française, les peines de prison prononcées ont été assorties de sursis jusqu’en 1991 pour les exciseuses et jusqu’en 1993 pour les parents. En outre, d’après l’article L.113.7 du code pénal, la loi française est applicable à tout crime ainsi qu’à tout délit puni d’emprisonnement commis par un Français ou par un étranger hors du territoire de la République lorsque la victime est de nationalité française au moment de l’infraction.
L’UNICEF indique dans son article sur la Mutilation génitale féminine que :
Il y aurait aujourd’hui en Afrique entre 100 et 130 millions de femmes qui ont subi l’une ou l’autre des MGF/E. Compte tenu des taux de natalité actuels, on peut considérer qu’environ 2 millions de filles chaque année risquent d’être victimes de l’une de ces pratiques.
Il y a urgence.
Réactions des lecteurs
Il y a 10 réactions pour l'article Excision.
brador a écrit le 13 avril 2005 à 7:44 :
Je n’ai qu’un sentiment là dessus : INADMISSIBLE !
j’ai pas le temps ce matin de débattre mais le suje t est bon :)
@ + car là il y en a des choses à dirent
Rémi a écrit le 13 avril 2005 à 9:21 :
OOOOOOOOHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!! Je suis tout à fait de l’avis de brador… c’est dégeu ! Je crois que je vais vomir ! :-(
Cacahuète a écrit le 13 avril 2005 à 12:52 :
Même si j’ai le coeur bien accroché et en ai vu des vertes et des pas mures de par mon métier, je dirais la même chose que Rémi: Ca me donne la nausée, voire même plus.
Il est vrai que cette pratique est barbare et cruelle pour les femmes qui l’ont subie et pour celles qui malheureusement le subissent encore.
J’avais eu l’occasion de voir un reportage sur le sujet il y a déjà quelques années, et il est vrai que les instruments utilisés sont en plus mal aiguisés et dégoutants, ce qui provoque en plus de la douleur ressentie et des suites psychologiques un risque infectieux non négligeable.
A se demander pourquoi les hommes peuvent être aussi cruels avec leurs semblables.
Chapeau pour ton article, il est superbement documenté !!
Bizzz.
brador a écrit le 13 avril 2005 à 13:49 :
Le plus dingue ds cette histoire c’est que l’inxision est pratiquée par des femmes, qui ont elles même subi ce supplice et cet outrage !
De plus rien dans le coran impose l’exision… Le prophéte n’a jamais fait mutilé ses filles !!
C’est une tradition pour la soumission des filles !
C’est très grave, et carrement obsolète.
Certains himam en afrique expliquent aujourd’hui que cette coutume est totalement dépassée.
Peut-être qu’ils vont finir par abolire cette odieuse mutilation et les risques qu’elle comporte.
Bon sujet, bcp de sentiments pour la condition féminin Ralphy :)
Moi je dis : Merci, c’est très bien d’en parler.
Aure a écrit le 13 avril 2005 à 17:15 :
Felicitations pour aborder un sujet dont malheureusement nous ne parlons pas assez… Resistons a cette barbarie, notre monde est en carence de solidarite! Merci a toi
ralphy a écrit le 13 avril 2005 à 18:10 :
Notez qu’il existe une méthode chirurgicale de rallongement du clitoris — dont la majeure partie est interne — de sorte à faire retrouver la forme et les sensations du clitoris.
Pour de plus amples informations, lisez l’entretien avec le Dr Pierre Foldès sur Afrik.com.
soledad a écrit le 5 mai 2005 à 1:56 :
Ca me fait toujours tres tres mal de lire des choses sur l’excision. J’ai toujours l’impression qu’on aurait pu m’exciser moi aussi d’un moment à l’autre.
Ca me donne le meme haut le coeur que lorsque je lis des choses sur les femmes lapidées, les viols collectifs, la violence conjugale… Toujours et encore la domination et la cruauté de l’homme sur la femme, qui existe dans tous les pays, sur toute cette planète.
delaire a écrit le 16 novembre 2008 à 15:38 :
je voudrai savoir quel est le rôle de l’infirmiére s le cas des excision??? merci a vous
ralphy a écrit le 17 novembre 2008 à 1:43 :
@delaire : En France, une infirmière qui pratique l’excision encourt la prison ferme. C’est une pratique tout à fait illégale.
cassandra a écrit le 19 octobre 2009 à 22:41 :
Si Dieu n’avait pas voulu que la femme éprouve de plaisir sexuel, de lui même, il les aurait conçu sans clitoris.Par les lois de la nature, il est interdit de modifié ce que dieu envoi sur terre. Par toutes les religions du monde, il est interdit de se détruire. Or, exciser une fille, c’est commencer à la détruire puisque c’est la mutiler. Si la religion nous interdit de nous mutiler, l’excision étant une mutilation, mathématiquement, elle est interdite. Personne n’a le droit d’aller contre la volonté de Dieu, le tout puissant. On a beau exciser les fille, leurs filles renaissent toujours avec un clitoris, c’est Dieu le créateur tout puissant et nous somme soumis à la volonté de Dieu, quoi qu’on fasse. Dieu est juste et bon, les êtres humains ne peuvent pas se vanter de suivre sa parole.
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