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Fuir un État totalitaire au péril de sa vie

Quand j’étais petit, j’habitais un pays de l’autre côté du rideau de fer.

Ce n’était pas la première fois que j’empruntais ce passage. C’était le seul que je connaissais qui n’était pas surveillé par les autorités. Or, il nous fallait traverser la frontière, et les autorités ne nous laisseraient pas quitter le pays. C’est ce qui arrive quand on vit dans un Etat totalitaire où l’idéologie empêche toute contamination philosophique extérieure.

Tout d’abord, nous devions franchir la barrière de sécurité de l’autoroute. C’était la partie la plus facile, même si la survie d’un piéton sur autoroute ne dépasse guère dix minutes. Ensuite, il nous fallait descendre dans le ravin, particulièrement abrupte. Certains d’entre nous avaient choisis de descendre en deux sauts particulièrement dangereux. Nous aurions du nous concerter quant à la manière de descendre la plus sécuritaire. Mais tant pis, nous n’avions plus trop le temps de nous attarder pour ce qui est des règles de sécurité. Après tout, si nous nous faisions attraper, nous risquions sinon la mort, du moins la prison. C’est donc en glissant sur la partie la plus douce de la pente que j’ai rejoint le reste de l’équipe.

Mais nous n’étions toujours pas de l’autre côté. En effet, il nous fallait traverser une rivière, puis des chemins de fer assez peu fréquentés, mais à la visibilité moindre.

Le premier d’entre nous avait glissé des rochers et était tombé à l’eau, coulant jusqu’au fond, mais ayant le réflexe de ne pas laisser tomber son sac. Le voici qui remonte à la surface. Le voici de nouveau, trempé jusqu’aux os, mais hors de l’eau. Les autres rigolèrent, se lançaient des défis de celui qui sauterait le mieux d’un rocher à l’autre. Et hop ! En voici un qui glisse sur un rocher qui ne présentait pourtant aucune difficulté.

Le jeune homme coule à pic jusqu’au fond. L’eau est claire et il ramasse ses lunettes tombées à côté de lui. Pour son sac, il hésite, mais décide finalement de l’abandonner sur le sable du fond de la rivière. Le voici qui remonte, doucement, trop doucement. On le voit en train de souffrir du manque d’air. A moins d’un mètre de la surface, il finit par abandonner et perd connaissance.

C’est là que j’ordonne aux autres d’appeler les secours et je saute secourir l’intéressé sans réfléchir un instant de plus. Pourtant, c’était une connaissance que je n’appréciais pas énormément, mais ce n’était pas une raison pour abandonner quelqu’un en danger imminent de mort. Mais à peine plongé dans l’eau, je manque d’air. Et… je me réveille. Pffff… je ne saurai donc jamais si j’aurais réussi à le sauver.


Réactions des lecteurs

Il y a 4 réactions pour l'article Fuir un État totalitaire au péril de sa vie.

RomanAge a écrit le 23 février 2009 à 14:52 :

Encore un reve! Quand j’ai commence a m’en douter, je suis saute directement aux dernieres lignes, et la j’ai vu le mot « reveille », donc j’avoue avoir triche.

(Ajoutez des accents aigus a la fin de certains mots, desole)


Capitain Flam a écrit le 25 février 2009 à 2:44 :

La Miss me dit toujours qu’elle se réveille quand elle s’aperçoit qu’elle contrôle le rêve, c’est ce qui lui permet de dire qu’elle est dans un rêve.

Personnellement, quand bien même je m’aperçois que ce que j’ai prévu arrive, je ne me réveille pas (exemple dans mes rêves ‘mauvais polar’ : « alors là, il y a 1 chance sur 100 qu’un type sorte du bar juste quand il sera à bonne distance de tir du méchant« , et là, paf, le type sort à ce moment précis…). Je ne suis donc pas réveillé par ce ‘demi sommeil contrôlé’.

En revanche, depuis des années maintenant, je suis en proie à des rêves (seulement parfois, heureusement) extrêmement violents. Ainsi, il m’est arrivé de me fracasser le poing contre le mur jouxtant mon lit, lors d’une simulation un peu trop réaliste d’une bataille rangée. Voulant gentilement faire valoir mes arguments et recadrer mon interlocuteur par un crochet du gauche bien senti, partant (inconsciemment, bien sûr) du bassin pour donner toute la puissance de la chaine musculaire ‘bassin-colonne vertébrale-épaule-extention du coude’, le mur a bien compris qu’il devait rester à sa place. (c’était un mur porteur, en béton. Sinon, j’aurai défoncé la cloison). J’ai eu la main broyée, incapable de m’en servir pendant plusieurs jours.

…C’est pour ça que j’écarte mon lit des murs avoisinants, mes phalanges apprécient.

Cependant, dernièrement, étant (excessivement) stressé par mon travail, je fonctionne moins à la violence (les jeux vidéo me « défoulent »), qu’à l’adrénaline… Justement grâce au jeu vidéo, il m’arrive régulièrement des trucs de cinglés, comme être en pleine bataille (BattleField 1942/2142), ou en pleine traque du méchant (FarCry2), et cela provoque une telle charge nerveuse et hormonale* que je me réveille, la tête encore dans l’action… ET le corps AUSSI ! Le recadrage est parfois terrible.

Cela se rapproche donc complètement de la situation de stress élevé que tu as vécu, dans ton rêve : tu était (déjà) en danger de mort pour ta propre vie en passant le mur, tu venais de subir une chargé émotionnelle initiale répétée (l’autoroute, le ravin, la première noyade évitée), et voici que tu prends, dans l’instant, une décision risquée d’un point de vue physiologique… Ton cerveau a donc réagi en conséquence et t’a préparé, rêve ou non, à lutter pour ta survie en environnement hostile (on respire mal sous l’eau), d’autant plus que tu avais l’exemple sous les yeux de quelqu’un lui même en difficulté !

C’est la nature humaine de vouloir s’entraider, nous sommes des animaux sociaux.

Ralphy, tu as prouvé ton appartenance à la société des hommes.

Bienvenue ! :-)

* Wiki dit : L’adrénaline est une hormone appartenant à la famille des catécholamines. Cette molécule porte aussi le nom d’épinéphrine.


Capitain Flam a écrit le 25 février 2009 à 2:45 :

(Euh… Suppression d’un doublon que le serveur « ne peut pas interpréter », mais qu’il a quand même enregistré…
Foutues machines…)


ralphy a écrit le 25 février 2009 à 10:06 :

@Capitain Flam : Tu n’as pas tort. En effet, il apparaît qu’effectivement, dans  les situations oniriques d’urgence, j’ai tendance moi aussi à me réveiller, tout comme lorsque je me rends compte que je suis en train de rêver.


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