Journée mondiale de la lutte contre le SIDA sur le chat
Journée mondiale pour la lutte contre le SIDA sur le chat.
Le SIDA est encore aujourd’hui une maladie mortelle. L’utilisation d’un préservatif lors de rapports sexuels est l’unique moyen de protection efficace contre la transmission de maladies et d’infections sexuellement transmissibles dont le SIDA, contre lequel il n’existe aucun remède, fait partie. On a parfois tendance à l’oublier. Comment donc cette journée mondiale de la lutte contre le SIDA a-t-elle été vécue sur le chat ? Pour le découvrir, je me suis rendu incognito sur le chat d’un grand portail de vulgarisation médicale francophone où l’on ne pouvait ignorer la symbolique de cette journée particulière.
Je m’introduis donc sur le chat. Quelques dizaines de personnes discutent en pleine après-midi glaciale. Peu parlent publiquement. Normal, me direz-vous pour un salon intitulé « Fantasmes. » Tout le monde PVouille, comme on dit, ou discute dans les espaces privés, à l’abri des regards. C’est le principe même du salon. On vient pour draguer ou se faire draguer. D’ailleurs, mon pseudo féminin — car je me fais passer pour une jolie fille de 18 ans sûre d’elle – attire rapidement l’attention. Pour l’occasion, afin de tester l’efficacité dans les faits de la promotion du préservatifs, seul rempart efficace contre les MST/IST, j’ai choisi de m’appeler « sanscapote », tout simplement.
Rapidement, un homme s’annonce en message privé. Il a l’air chaud, cherche un plan cul rapide. Dans la trentaine, mon âge ne le dérange pas : « moi tant que tu es majeur c bon », me rassure-t-il. Malgré mon pseudo, il m’explique qu’il a « une capote fraise » et que si j’ai « d’autres munitions », il « passe de suite. » Je proteste, lui expliquant que j’ai horreur des préservatifs. Le monsieur ne discute pas, et se dit prêt à « prendre le risque si ça vaut le coup »…
Il reste encore des efforts à faire. Je suis tout de même rassuré. Sans insister, un chatteur m’interpelle, intrigué par mon pseudo, pour me rappeler l’importance de cette protection que sont les préservatifs. Ouf. Des gens raisonnables existent !
Réactions des lecteurs
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Marie a écrit le 2 décembre 2005 à 11:22 :
C’est bien connu qu’il faut que l’homme baisse la tête pour que les deux seuls neurones de son être entrent en communication …
Trève de plaisanteries, l’instant est grave.
Je remarque que ce sont majoritairement les passé 30 ans qui se protègent le moins.
Du moins dans les conversations que j’ai eue.
Beaucoup pensent que si on est clean il faut faire confiance.
Qu’ils ne couchent pas avec n’importe qui, etc…
Tiens au fait un petit ruban rouge dans le bandeau du chat se serait pas mal ;-)
Go-Go-Yubari a écrit le 2 décembre 2005 à 15:57 :
Effectivement, certains ou certaines s’en fichent totalement ou alors ne sont pas assez informés des risques, comme quoi l’envie de sexe prévaut sur les protections. Mais heureusement que d’autres sont prudents, enfin je ne sais pas si c’est vraiment de la prudence de se protéger mais tout simplement un acte obligatoire pour rester en vie ( je dramatise un peu mais dans le fond c’est vrai!)
ralphy a écrit le 2 décembre 2005 à 16:06 :
Coquelinette, faire l’amour sans capote comme « preuve d’amour »? Et traverses l’autoroute les yeux bandés, c’est aussi une preuve d’amour, ça ?… Et si lui, en guise de preuve d’amour, il quittait sa femme, hein ?
J’avoue, Marie, que j’ai cédé à une demoiselle ne voulant pas de préservatif… Mais je ne pense pas recommencer à l’avenir avant un test récent fait chacun de son côté ou ensemble, trois mois après la dernière « prise de risque » (donc après le dernier rapport sexuel avec un autre partenaire). Il s’agit là d’une question de vie et de mort, comme le fait remarquer Go-Go-Yubari. Cela dit, si par une phrase du style « je ne couche pas avec n’importe qui », on exprime le mépris envers les séropositifs, ceux-là étant alors implicitement qualifiés de « n’importe qui ». Pas très malin, comme raisonnement. Il y a des gens très bien qui tombent malades…
Apa a écrit le 2 décembre 2005 à 23:01 :
Je connais un couple, marié, enfants, tout le kit. L’homme trompait sa femme. Régulièrement ou pas. En attendant, il a offert à sa charmante épouse le virus du sida (qu’il avait lui même attrapé en couchant ailleurs) en preuve de son amour et de sa fidélité… amer tout ça…
jlf a écrit le 4 décembre 2005 à 18:44 :
je croit qu’il y a actuellement un grand relachement de l’info sur les risques du sida. les gens ce sentent plus protéger qu’auparavant, peut-être que la trithérapie en est l’une des conséquences et certain témoignages comme celui de l’actrice française charlotte valandrey qui affirme pouvoir avoir une vie normal malgré être atteinte du virus n’est peut-être pas dans l’absolu une très bonne chose car des personnes peuvent ce dire « aprés tout si on peut vivre avec, alors c’est pas si grave »
ralphy a écrit le 4 décembre 2005 à 19:46 :
Médicaments à vie, effets secondaires gênants importants et fréquents, durée de vie raccourcie et inconnue, agonie longue et difficile, progéniture à venir très compromise et relations sexuelles exclusivement avec préservatifs sont quelques points rendant une maladie mortelle et contagieuse comme le sida difficile à vivre, je pense, jlf. Maintenant, il est vrai, d’après ce qu’on voit dans les statistiques ou autour de nous, que les gens ont tendance à se reelâcher quelque peu. Il est prudent de garder à l’esprit que cette maladie est mortelle, même si, heureusement, la qualité de vie des séropositifs s’est heureusement nettement améliorée ces dernières années.
Doit-on pour autant prétendre, quand on est infecté par le VIH, que chaque instant de sa vie est gâché par ce virus mortel ? Les déclarations rassurantes des personnes infectées permettent notamment de les rassurer, de rassurer d’autres malades. Cela me paraît, dans ce genre de situation, vital.
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