Les oiseaux se cachent pour mourir
Correspondance amoureuse
Voici l’histoire d’un Ralph de Bricassart quelconque ayant rencontré une Meggie Cleary sur son passage. C’est mon histoire, celle qui m’aura amené sur le chat de Doctissimo. Celle qui m’aura fait comprendre que "cachent" vient du verbe "cachet"…

Ma propre expérience de Les Oiseaux se cachent pour mourir
Si je devais raconter en détail les raisons m’ayant amené sur le chat de Doctissimo, il me faudrait de trop nombreuses pages… Disons que j’y ai trouvé un moyen d’exprimer mon mal être. Et depuis, je vais mieux !
Pour en revenir à mon histoire… Mon histoire, c’est celle du jeu du chat et de la souris qui aura mal tourné. Un an de brownies apportés chaque matin à son bureau… Pour tenter de rester bref, je vais essayer de résumer cette une "non histoire" platonique longue de deux ans en quelques e-mails.
De : [Ralph de Bricassart]
A : [Meggie Cleary]
Objet : Les oiseaux se cachent pour mourir
Date : 09/12/2003
Meggie,
Cet été, tu m’as parlé de ce bouquin. Jamais, la lecture d’un livre ne m’a été aussi pénible. J’en suis là (à moins que j’en sois las ?) :
Elle lui glissa une main fine le long du bras, tendrement.
– Mon cher Ralph, je le comprends. Je sais, je sais… Chacun de nous a quelque chose en lui qui ne peut être étouffé, même si cela nous fait hurler de douleur, au point de vouloir en mourir. Nous sommes ce que nous sommes, c’est tout. Comme la vieille légende celte de l’oiseau au poitrail transpercé d’une épine qui exhale son cœur dans son chant et meurt. Parce qu’il le faut, qu’il y est obligé. Nous pouvons savoir que nous nous trompons avant même d’agir, mais cette connaissance n’affecte pas le résultat ni ne le change. Chacun chante son propre petit couplet, convaincu que c’est le chant le plus mereveilleux que le monde ait jamais entendu. Ne comprends-tu pas ? Nous sécrétons nos propres épines, sans jamais nous interrompre pour en évaluer le coût. Nous ne pouvons qu’endurer la souffrance en nous disant qu’elle en valait largement la peine.
– C’est ce que je ne comprends pas. La souffrance. (Il baissa les yeux sur la main qui lui tenait si doucement le bras et lui causait pourtant une douleur si insupportable.) Pourquoi cette souffrance, Meggie ?"
Ainsi donc, Meggie et Ralph continuent à se faire souffrir mutuellement, s’attirant, se repoussant… Ralph fait libérer Frank ; un prétexte pour revenir à Drogheda. Meggie refuse de lui dire pour Dane. Luke ne lui aura donc servi que d’instrument de torture. Mais Ralph l’a bien cherché, n’est-ce pas ?
Mais que peut-on reprocher à cette chère Meggie ? Elle ne fait que reproduire le schéma de sa mère. A son tour, Justine semble suivre la même voie. Pour ce qui est de Ralph, lui aussi, sa famille le prédestinait à suivre ce destin.
Quant à Drogheda… Ce paradis auquel on n’accède que par le purgatoire ! La traversée en bateau, le train, la maison sur pilotis… (Ici, Saint Pierre aura été un sacré pervers ; qu’elle pourrisse dans sa tombe.) Le serpent a de multiples visages. Qu’il s’agisse du bagne, de Luke ou de la guerre, chacun aura payé très cher son retour au paradis.
Oh, certes, il serait facile d’accuser l’auteur de perversiteacute;, cette psychopathe sadique à l’imagination fertile. Mais ce qu’elle exprime là n’est-il pas, en fin de compte, que le reflet de nos propres existences ? de nos propres souffrances ? Si nous comprenons nos erreurs, pourquoi donc continuons-nous à transpercer nous nos cœurs d’épines ? Mais – j’y pense – ne s’agit-il pas d’un roman… ahem… d’amour ?!
J’en suis donc là, à 160 pages de la fin, hésitant à continuer. Mais puis-je réellement faire autrement ? Comment pourrais-je ranger cette histoire aux oubliettes ? Ne passerai-je donc pas à côté de quelque chose qui vaille la peine d’être vécu – euh… – lu ?
Qu’en dis-tu, Meggie ?
Ralph
(qui se demande sans cesse comment il a dérapé ainsi, et aimerait redevenir le [Ralph] qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être…)
De : [Meggie Cleary]
A : [Ralph de Bricassart]
Objet : RE: Les oiseaux se cachent pour mourir
Date : 10/12/2003
Bravo belle critique de ce chef d’oeuvre !!
Je ne me souviens pas t’avoir parlé de ce bouquin. Dans quoi, t’es tu embarqué ?? Ce n’est pas pour les hommes …
Mais, ce serait vraiment dommage de ne pas le finir.
Bonne chance !
[Meggie]
De : [Ralph de Bricassart]
A : [Meggie Cleary]
Objet : RE: Les oiseaux se cachent pour mourir
Date : 11/12/2003
[Meggie],
Dans quoi me suis-je embarqué ? Hmmm…
La première fois que je l’ai vue, mon rythme cardiaque s’était affolé, ma respiration devint entrecoupée, mes idées confuses. Mais j’avais alors autre chose en tête et, visiblement, je ne l’intéressais guère. Un an passé, elle s’étonna que je reconnaisse sa voix au téléphone. Six mois passèrent. « Tu as vu l’effet que tu me fais ? » me lança-t-elle, souriante, un soir, fermant la porte de son bureau. C’est après que ça a dû déraper.
Depuis, j’ai comme l’impression qu’on joue au chat et à la souris, inversant régulièrement les rôles, mais conservant toujours les mêmes règles, cruelles, voire sadiques. (« Comme toute pulsion, le sadisme peut subir plusieurs destins possibles: soit être retourné dans son contraire, l’agressivité devenant la passivité, soit être retourné contre la personne propre, devenant le masochisme, soit être sublimé en étant mis au service de grandes causes. ») Pourtant, je décèle (parfois ?) une attirance mutuelle ; n’est-ce pas pour cela que ce jeu recommence malgré tant d’échecs ?
Bien malgré moi (charmante, maligne, attentionnée… la liste serait trop longue ; comment y résister ?), je mémorise des détails sans importance (!?) : ici la date de son anniversaire (j’oublie ceux de mes proches), par là le prénom de sa filleule (je n’ai aucune mémoire des noms), là encore le titre d’un livre (celui-ci, aurais-je dû/pu l’oublier ?)… Je l’entends, je la vois, j’en deviens maladroit…
Dis-moi, [Meggie], dans quoi me suis-je donc embarqué ?
A bientôt,
[Ralph]
De : [Meggie Cleary]
A : [Ralph de Bricassart]
Objet : RE: Les oiseaux se cachent pour mourir
Date : 11/12/2003
[...]
C’était pas si terrible… Ne recommence pas un truc pareil, fais attention la prochaine fois !!
De : [Meggie Cleary]
A : [Ralph de Bricassart]
Objet : J’ai comme un problème… (surprenant et incongru ?)
Date : 20/02/2004
[Meggy],
Qu’est-ce qu’on dit, déjà ? « Loin des yeux, loin du cœur. » J’espérais (?!) naïvement que ça marcherait. En vain.
Tu as décliné mes invitations l’été dernier. Cela m’a beaucoup… déconcerté. Tes réponses glaciales à mes e-mails (!) m’ont peiné. Alors à quoi bon insister ? Autant s’éloigner… et essayer d’oublier ? Mais voilà, j’ai un problème : je devine ta présence et mon cœur bat à 180 ; j’entends ta voix et mon esprit s’embrouille ; je t’aperçois et ma respiration se coupe. Le temps n’y change rien. Je n’ai jamais éprouvé cela pour quiconque. Et… cela me trouble.
Il y aurait bien d’autres choses à dire… Mais à quoi bon ? Tu m’ignores… aussi. Quant à moi, je ne le veux plus. C’est tout le contraire, même. Et j’en suis sûr.
Dis-moi, [Meggy]… qu’en penses-tu ?
Tendrement,
[Ralphy]
PS : Et tant pis si je dois affronter un nouveau « il se trouve que j’ai du boulot » ! :-|
De : [Meggie Cleary]
A : [Ralph de Bricassart]
Objet : RE: J’ai comme un problème… (surprenant et incongru ?)
Date : 20/02/2004
Bonjour,
Je suis étonnée du contenu de ce mail, je ne pensais pas du tout que tu ressentais cela.
Je suis désolée de cette méprise, car je ne pense pas t’avoir encouragée dans cette voie. Mes mail glaciales (à bon ?) auraient pu t’amener à la conclusion suivante : je ne ressens pour toi que de l’amitié. Enfin avant les problèmes financiers de la boite, car depuis tu ne réponds pas à mes bonjours et je te trouvais distant. Maintenant, je comprends pourquoi, et on s’est peut être mal compris.
La relation que l’on avait auparavant m’allait bien, je voudrais qu’on la reprenne. Mais, étant donné tes sentiments, il vaut mieux pour l’instant que l’on reste distant.
Désolée,
[Meggie]
PS : J’ai un fiancé depuis un an et demi…
De : [Ralph de Bricassart
A : [Meggie Cleary]
Objet : RE: J’ai comme un problème… (surprenant et incongru ?)
Date : 20/02/2004
[Meggie],
Merci pour la clarté limpide de ta réponse.
Sans rentrer dans les détails, j’ai néanmoins besoin que cela sorte : J’aurais préféré que les choses aient été plus claires plus tôt, évitant ainsi toute méprise. Cela m’aurait évité une soirée qui m’a coûté très cher. Il y a un an… et demi ? Une soirée d’août 2002… Le matin tu me proposais de me faire écouter ton chanteur préféré. Le soir, inaccessible, te faisant raccompagner par un autre, après une remarque désobligeante (?) sur une jolie actrice comblant mon fond d’écran… J’ai eu le sentiment d’avoir perdu celle qui – peut-être (et donc à tort) – était la femme de ma vie. Ma réaction était à la hauteur des enjeux : une dépression nerveuse, 9 mois de médicaments, 1 an de psychanalyse… des séquelles pour… sans doute pas mal d’années à venir. :-|
Enfin, je confirme néanmoins que tu n’as rien à te reprocher.
Au revoir,
[Ralph]
Finalement, sa réponse fut comme une libération de deux années de cauchemar, de frustration…
Et puis… voyons les choses du bon côté : j’aurais appris énormément sur moi-même, sur les autres, et… sans cette histoire, je n’aurais pas découvert ce chat ! ;-)
Voir aussi :
- Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen Mac Cullough (roman.)
- The Thorn birds de Daryl Duke (DVD Zone 1.)
- Guide des médicaments : Prozac.
- Guide des médicaments : Atarax.
- Guide des médicaments : Lysanxia.
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Réactions des lecteurs
Il y a 2 réactions pour l'article Les oiseaux se cachent pour mourir.
djibidji a écrit le 29 septembre 2004 à 21:02 :
oui tu as raison la vie c exactement sa bravo et merci pour cette phrase .
brador a écrit le 7 avril 2005 à 7:54 :
humm… j’aime pas jouer les mateurs, c’est pas mon truc, mais j’ai cliqué sur le lien que tu mets dans ta réponse, il me falait donc aller voir plus loin (c’est le danger des questions, il faut aller au bout des réponses).
Euh ! je crois que t’as morflé par excès de romantisme.
Dur !
Un fantasme qui tourne mal.
Bon, je sors de là…
Je pense que maintenant c’est pour toi une conquête ;)











