Un blog sexo politico correcto

Les plaisirs de la langue

Je l’avoue, je considère avec attention et intérêt les gens qui savent manier la langue, la leur, bien entendu, et surtout celle des autres. La découverte d’une langue étrangère, me faisait remarquer une amie, peut être une source de grande excitation. Et ce n’est pas sans raison ! En effet, une langue peut transmettre tout plein d’émotions, en particulier lorsqu’elle est aussi adroite que douce. Oh, mais je ne vais pas me limiter à mon côté gynotikolobomassophile. Si je ne suis jamais contre une langue aguicheuse susurant des mots doux d’une langue douce au creux de mon oreille, je conçois que l’on puisse aussi apprécier une langue dure, voire même une langue rêche. Plus rares sont ceux qui apprécient une langue sale ou pleine de bâve. Mais on ne choisit pas toujours sa langue. Bien souvent, hérite de celle de ses parents, et l’on ne fait l’expérience d’autres langues qu’un peu tard, vers l’adolescence.

Tenez, cette personne ayant décidé d’agrémenter ce blog de sa prose si délicate a un petit défaut de langage :

je voudrai bien avoir des contackte cisere pour me marais

Oh, rien de bien méchant, sinon que l’on ne la comprend pas. J’avoue avoir des difficultés (perverses ?) à voir le rapport entre des lentilles de contact, des ciseaux et un marais. Passons à cette charmante intervention pleine de poésie :

slt je une nana belle et big love

C’est juste bizarre que cette charmante jeune fille amoureuse signe d’un prénom masculin, non ?

Certes, il est louable de voir tant de gens d’origines les plus diverses de faire l’effort d’apprendre une langue étrangère. Découvrir une nouvelle langue est certainement très intimidant, surtout au début, lorsque l’on découvre ses tout premiers mots. C’est d’autant plus vrai que les premiers mots que l’on apprend concernent bien souvent des mots liés aux relations sociales. Savoir dire « bonjour », « au revoir » et « merci » est toujours de bon aloi, mais cela ouvre des portes à la discussion qu’il n’est pas toujours évident de suivre. Alors on fait comme j’avais fait dans le taxi m’emmenant à mon université d’accueil au Royaume Uni pour un stage de trois mois : on sourit et on hoche la tête. Je vous assure que le taxi n’y a vu que du feu ! En revanche, aller au-devant de la rencontre quand on ne parle pas la langue locale est certainement moins évident, en particulier pour un mariage, comme c’est parfois le cas.

Pourtant, il est possible de développer des relations durables malgré la barrière de la langue. Ainsi, ma grand mère m’avait toujours impressionné par sa capacité extraordinaire à lier contact avec de parfaits inconnus dans une langue étrangère qu’elle ne maîtrisait pas, tout comme eux ne maîtrisaient pas un mot de la sienne. Cela m’avait beaucoup amusé, à l’époque, et même aujourd’hui, d’ailleurs, lorsque ma grand mère, pour finir en beauté une conversation téléphonique avec une amie de longue date, s’était exclamée, toute fière de connaître une expression aussi agréable à entendre, « je vous baise beaucoup ! » Toujours est-il que ma grand mère avait des amis partout dans le monde, y compris aux antipodes, et des amis sincères, alors qu’ils ne s’étaient rencontrés qu’une seule fois. Une seule fois, certes, mais une fois mémorable, pour preuve des années d’échanges de lettres (par la poste, si, si, la poste ne servait pas qu’à transmettre des prospectus ou des factures, à l’époque !) par… interprètes interposés.

Enfin bref, tout ceci pour dire que lorsqu’on cherche des « contacts pour se marrer » ou que l’on cherche une « belle nana pour relation amoureuse », la barrière de la langue n’est pas nécessairement un problème grave. C’est peut-être même tout le contraire… Qu’en dites-vous ?


Réactions des lecteurs

Il y a 2 réactions pour l'article Les plaisirs de la langue.

Roman Age a écrit le 8 octobre 2008 à 21:02 :

Lorsqu’on apprend sa langue maternelle, on apprend a la parler bien avant d’apprendre a l’ecrire, et d’ailleurs meme si on n’apprend jamais a ecrire on la parlera quand-meme naturellement. Dans un tel cas, on ne sait pas forcement separer les mots, et si on apprend juste l’alphabet et qu’on comprend les bases de la phonetique, on peut tres bien ecrire ‘cet un si’ pour ‘c’est ainsi’, sans que cela nous choque.

Mais lorsqu’on apprend une langue etrangere, on a normalement deja appris le fonctionnement de l’orthographe dans sa propre langue, et la fonction des mots dans une phrase, alors on associe generalement l’apprentissage de la langue avec sa lecture et son ecriture. Ainsi, les etrangers etudiant le francais auront plus de chances d’ecrire a peu pres correctement que des francais ayant de fortes difficultes d’ortographe, mais ils auront par contre toutes les chances de se planter dans la prononciation (contrairement aux francais bien sur).

Tout ca pour dire que la phrase ‘je voudrai bien avoir des contackte cisere pour me marais’, je suis sur que c’est un/une francaise qui l’a ecrite.


ralphy a écrit le 8 octobre 2008 à 22:23 :

@Romain Age : Je n’ai pas vérifié (les adresses IP), mais j’aurais tendance à dire que les deux personnes viennent de pays francophones soit avec le français comme langue officielle, soit comme langue couramment employée pour des raisons historiques.

Pour ce qui est de ton analyse, je te rejoins pleinement dessus. Elle est tout à fait pertinente et s’applique à mon cas. Une petite différence cependant : ma langue « native », le polonais, a, comme l’allemand, une écriture plus explicite que le français ou l’anglais, de sorte que les choses s’écrivent comme elles se prononcent, avec beaucoup moins de subtilités que le français. Pendant de très nombreuses années, je « voyais » se dessiner sous mes yeux les constructions grammaticales des phrases que je prononçais, à la manière d’un affichage tête haute des casques des pilotes de chasse des avions modernes, mais de manière imaginaire. Par ailleurs, lorsque je parle français, même si je suis de plus en plus francophone et de moins en moins polonophone (?), cela ne se fait pas « naturellement » dans le sens où l’expression de mes idées suit un processus appris à l’école, et non par imitation dès le plus jeune âge de mes proches dont le français courant aurait éventuellement laissé à désirer.

Du coup, aussi étonnant, voire prétentieux que cela puisse paraître, je parle et écris bien mieux le français que la plupart des Français, car ma principale source d’acquisition de ce savoir-faire vient des professeurs qui associaient à la fois l’écrit à l’oral. En contrepartie, je suis beaucoup moins spontané et mes phrases sont souvent longues et parfois difficiles à suivre, voire incluent diverses fautes de style.


Réagir à cet article

Tchat

Discutez en direct sur ce tchat gratuit où vous pouvez vous exprimer à loisirs, dans un français correct, dans le respect des autres et des lois en vigueur.

Vocabulaire

Les définitions suivantes vous aideront à mieux comprendre l'article ci-contre :

Abonnement

Ne ratez plus aucun article de Les perles du chat en vous abonnant gratuitement aux flux d'information du site :

Articles (flux RSS)

Commentaires (flux RSS)

De plus, vous pouvez suivre l'actualité de Les perles du chat en temps-réel sur Twitter.

Par ailleurs, vous pouvez discuter en temps-réel sur le tchat gratuit de Les perles du chat avec les autres visiteurs du site.

  • Catégories

  • © 2004-2010 Les perles du chat • Tous droits réservés • Informations légalesConfidentialitéGlossaire du tchat