Rêves, morale, émotion et monde fantasmagorique sous duloxétine
Les rêves sous duloxetine peuvent s’avérer particulièrement étranges, ainsi que très marquants. Du coup, j’en profite pour me poser des questions : en quoi le monde du rêve serait-il moins légitime que celui de notre réalité ?
Depuis quelques semaines, après en avoir discuté avec mon médecin, j’ai changé le moment de la prise d’un médicament. Et ça n’a pas raté : mes rêves sont devenus particulièrement longs et intenses. De plus, je les garde très longtemps en mémoire, que ce soit au niveau des événements, dans l’ordre, des émotions, ainsi que d’innombrables détails. Ces rêves ont bien d’autres particularités : ils sont construits de manière logique, avec un scénario des plus fouillés, des personnages des plus crédibles et même s’ils s’inspirent parfois de la journée de la veille ou incluent parfois des proches, ils sont particulièrement originaux et « vécus » à la manière d’un film à grand spectacle dont je serais tantôt l’un des protagonistes, tantôt un simple spectateur externe à l’action, suivant les besoins de l’histoire.
Du coup, cela me permet de faire quelques constats. Par exemple, je note que je gardais dans mes rêves certaines de mes valeurs morales, malgré les éventuels dérapages liés à la désinhibition que peut provoquer un tel état. Exemple concret : dans un rêve, une charmante jeune femme tente de me séduire (décidément, cela n’arrive que dans mes rêves !), manifestement dans le but de me faire pencher de son côté lors d’une négociation où tout son avenir est en jeu (il devait bien y avoir une raison malsaine !), mais où elle garde encore pleinement le contrôle de la situation. Malheureusement, nous ne pouvons conclure, la situation ne s’y prêtant pas. Plus tard dans le rêve, je la retrouve enfin, lui proposant une fellation. La jeune femme se rapproche, ouvre ma braguette, sa bouche, et… je note qu’elle a l’air abattu, enfermée qu’elle est dans une cellule de prison. Manifestement, la négociation a échoué et elle n’a pas réussi à sauver sa peau comme elle l’espérait. Je prends alors conscience que je suis clairement en train de profiter de son état de détresse immense et que mon comportement d’obsédé sexuel est abjecte, s’apparentant à un viol, la relation sexuelle n’étant pas pleinement consentie, mais obtenue — de fait — par la contrainte. C’est là que, choqué par mon propre comportement, je me réveille. Certes, cela ne fait pas de moi un exemple à suivre, mais montre que certaines valeurs morales sont préservées, même en rêve.
Un autre rêve m’a fait prendre conscience de l’intensité des émotions que l’on peut ressentir en dormant. En général, l’émotion la plus forte que l’on peut ressentir dans un rêve est la peur, suite à un cauchemar, peur qui peut se prolonger malgré le réveil de l’individu. Or, dans ce rêve là, ce fut très différent. Me voici plongé dans mes années collège. Je vous épargne les détails de l’histoire, sans grand intérêt pour quiconque d’autre que moi. Disons qu’à chaque fois que je croise cette fille, une fort charmante camarade de classe, cela me fait beaucoup d’effet. Mais maladivement timide, je n’ose rien. Pourtant, quelques signes me laissent entrevoir son intérêt pour ma personne et sa meilleure amie me laisse entendre que la jeune fille s’intéresse à moi. « Laisser entendre » ne suffisant pas, et moi-même, bien que secrètement dingue de cette fille, je continue à montrer mon indifférence, la meilleure amie me dit clairement, simplement, et par deux fois, que sa copine a le béguin pour moi. Je saisis enfin cette deuxième chance pour me rapprocher des deux copines inséparables, prenant mon courage à deux mains pour… prendre la main de ma bien aimée dans la mienne, la serrer, lui lancer un regard et ressentir cette émotion agréable que l’on ressent quand la personne aimée vous retourne le même intérêt. La jeune fille dont j’ai pris la main, manifestement très timide, elle aussi, manifestait à son tour l’indifférence, comme si se prendre la main avait été normal. Pourtant, je savais qu’elle ressentait la même émotion que moi. Un rêve naïf, candide, démontrant mon manque de confiance en moi, voire mon immaturité dans le domaine amoureux ? Oui, sans aucun doute. Voire certainement. Néanmoins, l’émotion liée à l’expression aussi timide et discrète de l’affection qu’elle et moi partagions a suffi à me réveiller.
Tous ces rêves me font rappeler un épisode d’Ally McBeal, avocoate alors chargée d’aider sa cliente à être plongée dans un coma artificiel pour lui permettre de mourir entourée de sa famille fantasmagorique qui l’aimait, famille qu’elle s’était inventée de toutes pièces et qu’elle retrouvait dans chacun de ses rêves. Du coup, cela me fait me demander si parce que nos rêves paraissent plus éphémères, généralement sans liens directs entre les uns et les autres, ils sont pour autant moins réels ? Si nos valeurs morales sont préservées, ne serait-ce que partiellement, si notre mémoire nous permet de revivre des situations passées, mais autrement, si nos émotions, voire nos sentiments peuplent eux aussi nos rêves, et puisque l’on considère la narcolepsie comme étant une affection neurologique grave, pourquoi ne considèrent-on pas de même… le réveil ?
Réactions des lecteurs
Il y a 2 réactions pour l'article Rêves, morale, émotion et monde fantasmagorique sous duloxétine.
Unefille a écrit le 24 mai 2009 à 21:34 :
Ah je suis désolée mais moi dans mes rêves mes valeurs morales ne sont plus vraiment les mêmes.Au contraire dans les rêves je suis libre d’être qui je suis, il n’y a plus le poid de cette société qui nous empeche d’agir de tel ou tel manière. Par exemple j’ai fais des rêves érotiques, il y avait des partouzes… j’acceptais XD
Dans la vrai vie j’aurais dis non.
Et puis aussi dans mes rêves parfois je tue certaines personnes dans la vrai vie je ne les tuerai pas (je pense !!). Enfin ta théori me semble donc infonder. Les rêves n’ont pas de conséquence sur autrui dans la réalité. Il ne font pas parti de la réalité !
ralphy a écrit le 25 mai 2009 à 16:15 :
@UneFille : Tu veux dire que tes rêves te révèlent telle que tu es ? Ainsi, tu serais une libertine tueuse en série et que la seule chose qui te permette de t’assumer réellement sont les freins instaurés par la société, comme la crainte de la prison ou plus généralement du jugement des autres ?
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