Sexe et dépannage informatique
Lorsque vous rendez un service à un ami dont l’ordinateur est vérolé, ne le croyez pas lorsqu’il prétend que les favoris figurant dans les menus de son navigateur web préféré y ont été introduits par un tiers…

Certains informaticiens réparent les ordinateurs contre des faveurs sexuelles. Ce n’est pas mon cas. Alors que certains n’apprécient pas rendre service en dépannant l’ordinateur d’un proche, Je suis toujours ravi de rendre service, d’autant que tous ne me le demandent pas. Récemment, j’ai pu dépanner l’ordinateur d’un ami. Ce fut très intéressant. Fort instructif, même.
L’ordinateur était vérolé de toutes parts. Le pirate qui en a pris le contrôle de manière automatique via un Cheval de Troie quelconque, a installé une demi-douzaine de logiciel malveillants, plus une demi-douzaine de logiciels désinfactants en version d’évaluation. Le but est de forcer la main à la victime en lui faisant acheter les logiciels de désinfection pré-installés par le pirate, qui, lui, touchera sa commission. En somme, c’est de l’extorsion, mais ça n’en a pas l’air. Un peu comme si la mafia détruisait la vitrine d’un magasin ou fracassait votre porte tout en laissant traîner des publicités pour ses services de protection ou de serrurerie — légitimes, du moins en apparence — sur lesquelles elle touche une commission si ses victimes y font appel. Un classique. Ajoutez à cela divers programmes gratuits pré-installés pour lesquels le pirate touche une commission sans aucune interaction de la part de sa victime. En apparence, le pirate touche de l’argent de manière tout à fait légitime et est rémunéré par les grands noms d’Internet pour en donner l’apparence.
Le dépannage en lui-même présentait la difficulté suivante : je ne pouvais me permettre de tout formater pour tout réinstaller. Il fallait donc désinfecter la machine de tous ses logiciels malveillants sans désinstaller les logiciels légitimes. Il m’aura fallu pas moins de deux logiciels de nettoyage et six heures de nettoyage pour venir à bout de la menace. En effet, bien que désinstallés, certains logiciels parasites en profitaient pour faire installer de nouvelles menaces, et ceci en boucle, jusqu’à ce que la dernière menace connue soit éradiquée et que la machine ait été correctement mise à jour avec toutes les corrections de failles relatives au système d’exploitation, au navigateur web, ou d’autres logiciels concernés.
De plus en plus, cependant, chacun d’entre nous a tendance à confier à son ordinateur des parts de plus en plus intimes de notre vie. Et lors d’un nettoyage aussi minutieux que l’éradication des menaces réelles et potentielles dans les moindres recoins de l’ordinateur, on est amené à pénétrer dans cette vie privée. J’avoue, pour ma part, que lorsque je découvre des liens ou des fichiers aux noms évocateurs, à savoir ce qui a l’air d’être une webcam chaude personnelle, un lien vers un site pornographique de niche, ou toute autre référence à la vie intime de l’intéressé, je prends soin de ne pas ouvrir ces fichiers et de ne montrer aucun signe d’étonnement, ignorant tout simplement ces fichiers, tout en prenant grand soin de n’en laisser aucune trace, lors d’une éventuelle copie pour sauvegarde, sur mes propres disques durs, clés USB et autres moyens de sauvegarde temporaires ou à long terme.
En effet, je suis intimement convaincu que toute photo ou vidéo un peu osées se retrouveront tôt ou tard en accès libre sur Internet. Aussi, je ne veux en aucun cas être le vecteur d’une éventuelle fuite d’informations aussi sensibles que l’intimité de mes proches. Car même de manière non intentionnelle, on peut faire des erreurs de manipulation, ou encore se faire pirater son ordinateur ou voler son téléphone portable.
Mais voilà. Mon ami se plaint que son ordinateur est utilisé par des tiers qui lui ajoutent des liens vers des sites à caractère sexuel, pornographique, et même aux tendances plutôt rares, pour certaines inavouables. Aussi, naïvement, je fais le grand ménage dans ses « favoris », ceux-ci pullulant en effet de liens vers des sites de loisirs pour adultes de niche. Et… j’aurais dû écouter les enseignements du Dr House : tout le monde ment.
En effet, le lendemain, mon ami m’appelle. Comment accéder à Internet. Je lui propose d’ouvrir son navigateur, et de taper l’adresse qu’il recherche. Mais « comment acéder à Internet ? », insiste mon interlocuteur. Internet ? Pour utiliser un moteur de recherche, c’est facile, il suffit de remplir une requête sur la page qui s’affiche par défaut sur son navigateur web, dès son lancement, comme il me l’avait demandé. Et pour Internet ? J’en viens à douter. Qu’entend-il par « Internet » ? « Du cul ! »
Je me suis excusé, du coup, de lui avoir retiré la liste de ses sites favoris, et lui ai indiqué quelques liens utiles, comme ceux de mon propre réseau, Blog Sexe et Porno Glauque Amateur. Eh oui ! Pour certains, encore aujourd’hui, « Internet » rhyme avec « cul »…
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Réactions des lecteurs
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Caline a écrit le 5 mai 2008 à 17:57 :
mdr!!!
RomanAge a écrit le 6 mai 2008 à 3:48 :
“Du cul!”… Juste une question technique: est-ce ton ami qui a repondu ca, ou bien est-ce que cette reponse est apparue dans ta tete lorsque tu as compris le vrai sens de sa question?
Sinon, sur le sujet de depanner l’ordinateur d’un ami ou proche, je pense que si l’on est vraiment passionne, et a condition quand-meme d’en avoir le temps, alors c’est normal que ce soit un plaisir de le faire.
ralphy a écrit le 7 mai 2008 à 1:07 :
@RomanAge : C’est bel et bien mon ami que j’ai cité. Internet, manifestement, pour lui, rhyme avec le sexe. Enfin… le « cul », plus précisément.
Natacha a écrit le 14 mai 2008 à 21:27 :
Je voudrais juste préciser qu’en général, j’aide volontiers des proches, et à peine moins volontiers les beaucoup-moins-proches. C’est juste que c’est du “dépannage informatique” tellement pénible et tellement fréquent que ça fait partie des rares exception pour la personne qui ne sait pas dire “non” que je suis.











