Souvenirs : le sexe au collège
Souvenirs de nos émois amoureux de collège : les adolescents ne sont pas des êtres asexués !

Décidément, ce fameux film Génération porno m’aura fait remonter à la surface quelques souvenirs de mon adolescence, vers la fin des années 1980, et en particulier du collège, période où les enfants deviennent adolescents, justement.
C’est un ami qui m’avait posé la question, une fois : « Tu as déjà chié sur un miroir ?» La question m’avait étonné, à l’époque. Mais curieusement pas choquée. Pourtant, il n’y avait eu aucun contexte laissant présager cette question arriver. Il faut croire que quand on est adolescent et que l’on découvre son corps sous un angle nouveau, celui du changement et de la sexualité, les poussées d’hormones aidant, on est moins choqué qu’une fois que l’on a quelque peu oublié ou pris l’habitude de ces changements ?
Toujours est-il que ce camarade de classe, nous devions avoir quelque treize ans, m’avait confié un jour avoir tenté une première expérience sexuelle dès l’âge de onze ans. Il avait pourtant pris soin, pour autant que je me souvienne, de prendre des préservatifs pour l’occasion. Grandissant dans une famille travaillant dans le milieu médical, manifestement, ses proches ont veillé à ne pas le laisser ignorant quant à sa santé ou sa sexualité. Etait-ce à l’occasion d’un mariage organisé dans la famille ? J’avoue que les détails de ses révélations restent flous. Toujours est-il que sa cousine, alors âgée de dix ans, n’avait finalement pas voulu, cette histoire en était restée là.
Non, non, il ne m’avait pas confié cela dans le but de frimer. Pour cela, j’avais d’autres amis dont deux auraient un jour fait un concours de celui qui avait la plus grosse. Ils auraient donc comparé la taille de leurs sexes en érection dans les toilettes. Mais j’avoue que la véracité de cette histoire ne m’avait jamais parue ni particulièrement crédible, ni particulièrement incroyable de leur part, d’autant que l’un acceptait officiellement sa défaite face à l’autre, sans que cela ne préoccupe — étonnamment ? — les autres camarades du groupe qui, timides, réservés ou ne se sentant pas concernés, préféraient finalement taire le sujet, sait-on jamais, des fois que l’un ou l’autre leur lance un défi du même genre et qu’ils ne pourraient pas, le cas échéant, refuser. Dur choix, quand on est adolescent — mais aussi après ! — d’avoir à faire le choix entre défendre sa prétendue virilité (sur laquelle on est en droit d’avoir des doutes par ailleurs) sans voir sa propre intimité violée.
Quoi qu’il en soit, mon camarade de classe, celui qui déféquait sur les miroirs et louchait sur sa cousine pré-pubère (bonjour la réputation de pervers !), ainsi que nos autres camarades de classe qui passaient la semaine à l’internat du collège avaient des rapports beaucoup plus proches que ceux des autres camarades, et ce même ami m’avait laissé entendre, un autre jour, que ces adolescents ne faisaient pas que s’endormir calmement dans leurs lits le soir, mais semblaient parfois se laisser aller à quelques petits jeux coquins, sans pour autant aller très loin.
Cependant, toute la classe était loin d’être aussi exhibitionniste. Très, très loin, même ! La tendance était plutôt à la discrétion, même si les meilleurs amis ou meilleures amies se racontaient parfois des fantasmes d’adolescents plus gentillets qu’autre chose.
Dans un contexte d’adolescents insouciants, deux ou trois des filles de la classe au moins se démarquaient par leurs façons d’être, de s’habiller ou de provocations, de manière somme toute assez gentillette. Nous avions ainsi l’habitude d’attendre la cloche sonner dans la cour de l’école, en cercle, face vers le centre, s’échangeant diverses banalités d’usage. Ce petit cercle d’une demi-douzaine à une douzaine de personnes, en général, permettait d’arriver en faisant la bise à tous sans en oublier un seul ni une seule, et de se joindre au groupe sans rien oublier des informations critiques (notre coin préféré étant le tableau d’affichage des professeurs absent) et commérages en tous genres. Un jour, l’une des filles provocatrices de la classe avait lancé qu’elle avait énormément envie d’embrasser quelqu’un.
Dites donc ! La jeune fille était charmante, jolie, il n’y avait rien à redire sur ce point, mais bon, hé, ho, aucun d’entre nous n’avait envie de se faire embrasser en public (et l’intimité, vous en faites quoi donc ?) et accessoirement passer pour celui qui ne savait pas embrasser (parce que bon, hein, à treize ans, à mon époque, du moins, on passait pas encore nos journées à faire du bouche-à-bouche, on se demandait plutôt, enfin du moins pour la plupart d’entre nous, dans quel sens tourner la langue, si vous voyez ce que je veux dire), voire pire, celui qui « pue du bec » (sait-on jamais, imaginez la réputation que l’on garderait toute l’année scolaire, après, sans même parler des appareils dentaires les plus divers que certains d’entre nous devaient encore porter et qui étaient particulièrement difficiles à nettoyer, à l’école, après le repas, alors qu’aucun d’entre nous n’avait le réflexe de se promener avec sa brosse à dents !) Du coup, fiers que nous étions, nous ne pouvions nous permettre de refuser, sans pour autant accepter. Mais ce ne fut que pure provocation.
Mais entre les moutons vierges de toute aventure amoureuse que la plupart d’entre nous étions à l’époque, mon ami qui ne tarderait pas, quelques deux ans plus tard, à organiser des partouzes, une fois parti sur Paris, celui qui, lors d’un week-end d’anniversaire, m’avait permis de voir mon tout premier film pornographique, vers mes 13 ans (ce qui, pour autant que je sache, semble correspondre à la moyenne, du moins de mon temps), se payait la tête d’un autre de mes camarades de classe qui, selon lui, sortirait bien avec des filles, mais… il n’embrasserait pas, se contentant d’attraper la main de sa chère et tendre dans les salles obscures du cinéma. Non, mais vous vous imaginez ? Quel gros nul ! Bref, mon ami futur partouzard, lui, à treize ans, il avait bien d’autres soucis que de ne pas savoir embrasser les filles. Son souci à lui, à l’époque, c’est qu’une fois, alors qu’il avait organisé des rendez-vous avec deux jolies filles le même jour, enchaînant l’une après l’autre, les deux copines avaient découvert le pot aux roses et étaient venues toutes les deux au premier rendez-vous. J’avoue ne pas connaître les détails de cette histoire, mais quelque chose me dit que cette fois-là, il avait lui aussi gardé sa langue dans sa propre bouche.
Bref, je constate avec ces quelques souvenirs que les adolescents que nous étions avaient pour la plupart une vie amoureuse ou sexuelle inexistante, pour certains autres une vie amoureuse timidement naissante, pour quelques cas une vie sexuelle en devenir, répondant surtout à des interrogations plus qu’à un désir ou à des sentiments, souvent alors absence. En regardant chacun d’entre nous à la loupe, on pouvait trouver des histoires personnelles et des comportements très divers, en matière de sentiments, de désir ou de sexe, alors que nous vivions ensemble, au collège, avions les mêmes préoccupations, les mêmes loisirs. Bref, je n’ai pas l’impression qu’un seul, ni même deux ou trois d’entre nous puissent être d’une manière ou d’une autre représentatifs de l’ensemble des camarades de classe que nous étions alors. Difficile, dans ce cas, d’étudier la question de la sexualité des adolescents en prenant le porno comme base.
C’est drôle, tiens, car mine de rien, quelque vingt ans plus tard, je me souviens encore des noms et prénoms de la plupart des personnes dont je relate les aventures ci-dessus. J’avais même croisé l’un d’entre eux, voici près de dix ans, par le plus grand des hasards. Peut-être faudrait-il que j’use un peu plus des outils mis à disposition sur Internet pour retrouver ses anciens camarades de classe, afin de vérifier s’ils sont devenus, comme moi, obsédés sexuels notoires, mais frustrés, ou, comme la plupart des gens, heureux de vivre une vie somme toute assez simple ?
Et vous, comment étiez-vous, du temps de votre passage au collège ? Et vos camarades de classe ?
Réactions des lecteurs
Il y a 4 réactions pour l'article Souvenirs : le sexe au collège.
La souris blonde a écrit le 2 juin 2008 à 11:26 :
Moi, au collège, euh… Je tairai le sujet… Mais je me souviens avec émotion des récites de masturbation devant le porno du samedi soir de mes petits camarades, le lundi matin en cours de physique (j’étais adepte des derniers rangs, aux risques et périls de mes oreilles), de cette légende sur ce camarade qui « s’autosuçait » et des échanges de techniques pour la branlette (paraît qu’en pinçant le bout, c’est douloureux mais très plaisant aussi – pas eu l’occasion d’essayer, évidemment :P).
Quant aux filles, c’était tout l’inverse. Elles étaient juste terrorisées par cette seule question : « la première fois, tu crois que ça fait mal? »
Caline a écrit le 2 juin 2008 à 20:23 :
Au collège, je me caressais le soir en me jouant des films érotiques avec mes Barbies… des histoires d’amazones, d’enlèvements, de viols, de bondage (j’ignorais le mot). Je me regardais le minou, assise devant la glace, les genoux relevés…
Et je connaissais par coeur l’anatomie sexuelle apprise dans les bouquins. Merci Maman.
Par contre, côté rapports amoureux, je me contentais de fantasmer sur le mec mignon de la classe qui jouait au volley…
Au lycée, premier petit copain, tout s’est accéléré. ça a été l’explosion sexuelle…
Allumer la caméra de son contact sur MSN Messenger a écrit le 11 septembre 2008 à 9:01 :
[...] j’étais plus jeune, à l’époque où le web n’existait pas et que le Minitel représentait le principal [...]
Vierge à 105 ans a écrit le 10 octobre 2008 à 18:37 :
[...] du sexe pour les garçons et la taille des seins pour les filles, la virginité tout comme le rapport sexuel sont sans doute les principales craintes des [...]
Réagir à cet article
Tchat
Discutez en direct sur ce tchat gratuit où vous pouvez vous exprimer à loisirs, dans un français correct, dans le respect des autres et des lois en vigueur.
