Un blog sexo politico correcto

Aux origines de la génération porno ?

La génération pornographie est-elle aussi récente qu’on le prétend, ou bien toutes les générations, adolescentes, s’intéressaient à la pornographie de leur époque ?

Une jeune femme se fait sodomiser

Comme je vous le confiais récemment, j’ai été troublé par une récente émission diffusée sur une chaîne publique. Notez que ce n’est pas la première fois que la télévision publique me trouble. Une autre fois, découvrir sans crier gare une émission d’une chaîne pseudo-éducative publique parler de sodomie à midi m’avait fort étonné. Aussi, quand je découvre que le gouvernement français veut bloquer l’accès aux sites Internet pornographiques — la censure serait basée sur une liste de sites dont ce présent blog semble faire partie —, je me demande s’il va aussi bloquer l’accès aux sites web de ses chaînes télévisuelles ou si la parole officielle, tout comme en Chine, ne sera pas censurée.

Mais m’insurger contre la censure du Net par le gouvernement français ou chinois n’est pas vraiment ce dont j’aimerais vous parler aujourd’hui. Je préfère en effet revenir à cette récente Soirée Thema d’Arte et plus spécifiquement du film Génération Porno. Il m’aura fallu quelques jours pour digérer ce film. Il faut croire que mes neurones se connectent moins bien que d’autres.

Ce qui m’avait étonné, voire choqué, dans ce reportage, c’est de voir quelques jeunes gens, adolescents et jeunes adultes exclusivement, expliquer l’influence du porno sur leur vie sexuelle. Si je n’ai pas perçu de jugement explicite de la part des journalistes ou des intervenants pour ou contre la pornographie, le sentiment qui ressort de ce film est que le porno est dangereux du fait qu’il fait reproduire aux jeunes gens ce qu’ils ont vu sur Internet, et ce de manière compulsive, voire insatiable, et en particulier ce qu’ils ont pu voir dans les vidéos de type gonzo (le terme est de moi, mais semble parfaitement correspondre aux images et arguments du reportage), en l’occurrence des vidéos relativement courtes de rapports sexuels essentiellement concentrés sur la pénétration, la performance, ou encore les perversions les plus diverses, dénués de tout sentiment, de toute affection, voire même de toute notion de… plaisir.

Car les quelques jeunes gens interrogés, une dizaine au total, plus ou moins longuement, semblaient se satisfaire dans des relations sexuelles à outrance qui ne leur apportaient pas de plaisir, tout en ne souhaitant pas changer cette situation de partenaires multiples, et cela dès 14 ans, consistant à reproduire les positions, comportements qui seraient directement issus de la pornographie d’aujourd’hui puisée sur le Net et inexistante voici cinq ans encore.

Ce reportage m’a fait penser à l’un de mes camarades de collège, sans doute mon meilleur ami de l’époque, avec qui j’ai depuis perdu tout contact. Nous sommes alors vers 1987-88. Le web ne sera inventé que dans la décennie suivante. (Oui, je sais, je suis vieux.)

A peine pubère, vers les douze ou treize ans, en l’absence de ses parents, il se connectait aux services de Minitel rose pour y lire des histoires érotiques, voire même des films (en ASCII art fait main s’il vous plaît !) se voulant pornographiques. À l’époque déjà, féru d’informatique, j’avais développé un logiciel de dessin et d’animation vectoriels sur mon Amstrad CPC 6128 (puisque je vous dis que je suis un dinosaure !) Alors que je m’étais passionné à exploiter ce magnifique (!) logiciel réaliser l’animation d’un oiseau qui arrivait en volant pour se percher à la branche d’un arbre (un scénario digne d’Hollywood ?), mon ami avait lui-même aussi été ravi d’exprimer ses propres talents artistiques. Ainsi, son premier film d’animation réalisé avec ce petit logiciel avait été… une œuvre à caractère pornographique : imaginez une reproduction très libre et très maladroite de L’Origine du monde (ou plutôt d’un tableau très vaguement inspiré qui figurait dans la chambre de ses parents), les jambes plus écartées, le pubis plus dégarni, la vulve à l’air. Soudain, surprise : un pénis en érection, très schématique, arrive pour asperger de sperme les cuisses de ce bout de femme.

Le même adolescent jouait avec le caméscope de maman pour surprendre ses amis dans les toilettes ou sous la douche, puis les diffuser en séance privée à d’autres amis, prétexte à des conversations amusées et détendues sur le sexe. Tant qu’à faire, c’est à l’occasion de l’un de ses anniversaires que j’ai vu mon tout premier film pornographique, au scénario que j’avoue avoir oublié les détails de l’intrigue (une clinique très privée, des infirmières, des malades, des médecins, je vous laisse imaginer la suite), même si quelques scènes des moins artistiques me restent encore gravées en mémoire. Je me demande bien ce qui se serait passé si les invitées féminines à ce week-end festif étaient venues le même jour que les garçons, en début de week-end, plutôt que le lendemain, compte tenu de la teneur des discussions que nous avions eues en leur compagnie et de l’étrange promiscuité artificielle de notre petit groupe, entassé les uns sur les autres dans le coin d’une pièce finalement assez modeste d’une immense bâtisse.

Car cet ami ne devait avoir guère plus de quinze ans quand il a déménagé dans la capitale. A l’occasion d’une visite chez l’un de mes proches, nous reprenons contact pour se revoir. C’est à cette occasion que j’ai assisté — médusé, mais finalement pas tant que cela — à l’organisation d’une partouze : comptez une demi-douzaine de participants au moins, autant de filles que de garçons, aux environs de quatorze à seize ans chacun, d’après ce que je crois comprendre alors. Des capotes ? Pas utile. « Je lui fais confiance », lance mon ami dans le combiné. Cette phrase est restée gravée depuis quelque vingt ans dans mon cerveau d’obsédé notoire.

Dans Génération Porno, les journalistes exprimaient leurs doutes quant à leur capacité de faire un tel film avec les témoignages percutants qu’ils ont recueillis voici ne serait-ce que cinq ans. Pour les journalistes, ces comportements étaient nouveaux et intimement liés à la pornographie sur Internet d’aujourd’hui et à la facilité déconcertante que les enfants et adolescents pouvaient y avoir accès. De manière tout à fait certaine, puisque je parle de ma propre expérience, ces comportements existaient déjà il y a vingt ans.

Bref, j’ai un peu l’impression de voir la pornographie sur Internet devenir le nouveau bouc-émissaire des bien pensants, tout comme, il y a vingt ans, le jeu vidéo a pu l’être en son temps.

Il y a vingt ans, je jouais aux jeux vidéo. Il y a dix ans, je créais des jeux vidéo. Aujourd’hui, j’édite un site de cul. Pensez-vous qu’il y a un lien entre jeux vidéo et pornographie ? Enfin, devons-nous nous inquiéter ? Et… inquiéter de quoi, en fait ?


Réactions des lecteurs

Il y a 13 réactions pour l'article Aux origines de la génération porno ?.

Dorian G a écrit le 31 mai 2008 à 0:43 :

ralphy

Que ce types de comportements ne soient pas nouveaux, ça je suis d’accord, mais ce que les journalistes voulaient mettre en évidence c’était le phénomène d’expansion de ces comportements. D’après eux, ça toucherai plus de monde qu’avant et surtout plus précocement.


ralphy a écrit le 31 mai 2008 à 1:47 :

ralphy

@Dorian G : Certes, le film laissait entendre que ces comportements seraient plus fréquents aujourd’hui qu’ils ne l’étaient jadis. Par exemple, une sexologue expliquait que les fillettes de 10-11 ans lui demandaient, voici 15 à 20 ans, comment embrasser, alors qu’aujourd’hui, elles demandaient comment faire une bonne fellation. De plus, les journalistes faisaient état de statistiques actuelles (mais pas celles d’avant, pour comparaison) concernant la consommation de pornographie par les adolescents et adolescentes (de mémoire, 80 % des garçons adolescents auraient vu un film pornographique dans les 12 mois précédents contre 40 % des filles adolescentes).

Y a-t-il une réelle évolution vers une baisse de l’âge du premier film pornographique ? Ce film ne donnait pas de réponse tranchée, même s’il le laissait entendre. Y aurait-il une baisse de l’âge du premier rapport sexuel ? Pour autant que je sache (de mémoire, le film a fait l’impasse là dessus), cet âge moyen du premier rapport sexuel serait de 17 ans pour filles et garçons, et cette moyenne n’aurait pas bougé depuis au moins vingt ans. Quel est l’impact du porno sur la vie sexuelle des jeunes gens ? Il serait, si j’ai bien saisi ce film, dans les pratiques une fois la vie sexuelle entamée, et tendrait vers une dissociation de la pratique sexuelle des sentiments, voire même de la notion de plaisir (outre les témoignages des jeunes gens, la sexologue semblait aller dans ce sens, montrant l’étonnement des pré-adolescentes et adolescentes qu’un rapport sexuel doive avant toute chose être désiré par elles, et les exciter avant l’acte, et non être un exercice physique banal que tout le monde se doit de pratiquer et par lequel on se doit de passer sur simple demande, voire en amont d’une demande des garçons).

Je ne suis pas spécialiste en littérature, mais mes (rapides) recherches montrent que la mère de Juliette, dans Romeo et Juliette, aurait environ 14 ans quand elle a accouché de sa fille, et les principaux protagonistes de l’histoire étaient adolescents. On ne peut pas dire pour autant qu’à l’époque de Shakespeare, la pornographie sur Internet avait une influence sur l’âge des premiers émois ou rapports sexuels. Certes, ce n’est pas une œuvre érotique ni pornographique, mais une tragédie d’amour. Il n’en résulte pas moins que Roméo a 16 ans, et Juliette 13, quand ils se marient en secret pour vivre pleinement leur amour. Pour une pièce du XVIe siècle basée sur un conte du XVe siècle, j’aurais presque l’audace de prétendre que les mœurs en matière de relations amoureuses ont régressé jusqu’à nos jours ! Quant au Kâmasûtra, il serait écrit entre les IVe et le VIIe siècle. On dirait que là non plus, la pornographie n’invente rien de spécial, en matière de sexualité, de nos jours, sinon, effectivement, une banalisation éventuelle du rapport sexuel et de comportement jugés comme étant pervers ou rares jusqu’à présent (ce qui reste tout de même encore à démontrer, car le reportage n’a pas indiscutablement démontré que le porno avait l’influence supposée et extrême de certains témoins sur l’ensemble des jeunes gens, loin de là).


Dorian G a écrit le 31 mai 2008 à 10:25 :

ralphy

Je ne suis pas spécialiste de la question, mais je ne pense pas qu’on puisse comparer les jeunes de notre époque et ceux des XV et XVIème siècles. A l’époque l’espérance de vie, dans les pays occidentaux, était de 35-40 ans (rappel : en 1900 elle était de 40 ans en france). Donc que tous se passe plus tôt à l’époque, ça me semble normal (préservation de l’espèce oblige).


Caline a écrit le 31 mai 2008 à 10:45 :

ralphy

L’espérance de vie n’a rien à voir. Quand les hormones parlent, elles influent sur le système nerveux et l’ado explore la sphère sexuelle… Rappelons que la libido est une curiosité naturelle qui pousse à tout essayer, et que l’éducation et les tabous freinent cet élan. Ce qui m’inquiète plusq, c’est la notion de plaisir bannie de l’acte sexuel…
A quoi ça sert de s’envoyer en l’air si ce n’est pas par plaisir? Ah tiens, je me rappelle que de tout temps les filles ont échangé du sexe contre de l’amour, ou son illusion… rien ne change.


Dorian G a écrit le 31 mai 2008 à 12:04 :

ralphy

Je vais pas faire mon Sébastien Bohler, mais des études ont montrer que les cycles hormonaux varient selon les époques et les cultures. L’age des 1ère règles a évolué au cours du temps par exemple. Cela s’explique par le fait que les hormones sont majoritairement liées aux sécrétions hypothalamiques (et hypophysaires, et donc thyroïdienne, rénale, etc.) or plein de chose agissent sur elles (les changements d’alimentation, de mode de vie, de température, etc.). Ce qui influe sur l’espérance de vie influe aussi sur les hormones.

Évidemment quand je parle de changement, je parle pas au niveau individuel, je parle de changement profond, sur plusieurs générations (même si on sait que parfois il faut peu de temps pour voir des effets, ex : lien entre les hormones de croissances et les conservateurs contenu dans les aliments et l’augmentation de la taille).

Bref, on peut pas dire « c’est les hormones qui parlent » ou parler de « curiosité naturelle »… faut prendre en compte l’arrière plan (environnement, société, etc.).

Enfin, désolé, mais dans une société ou on meurt à 40 ans, la pression social doit pousser les gens à avoir des enfants le plus tôt possible. Donc l’EDV compte (et les hormones n’ont pas forcément grand chose à voir la dedans).


Epp a écrit le 1 juin 2008 à 12:06 :

ralphy

Je l’ai nié mais… le porno a très très beaucoup influencé ma vie sexuelle … Peut etre tellement que je suis incapable d’avoir une rapport sexuel « tendre » (i.e. sans insulter par ex)


RomanAge a écrit le 2 juin 2008 à 0:29 :

ralphy

Si ton blog fait partie de la liste censuree, il te suffit de retirer les images erotiques qui n’apportent pas grand chose de toute facon (surtout lorsqu’on les a deja vues, etant repetees des dizaines de fois sur le site), elles donnent une connotation porno ou erotique au site, vue de l’exterieur (et de loin), a une site qui en realite ne l’est pas, reflichis-y, ce n’est meme pas de l’auto-censure, pour moi en tout cas ce serait rendre le blog plus en accord avec ce qu’il est rellement.


Cinn a écrit le 2 juin 2008 à 9:00 :

ralphy

> RomanAge : Je ne pense pas que le seul fait de retirer ces images rendra le site « tous publics ». Il y est tout de même copieusement question de sexe (et même de blogs sexe).

Je suis en revanche entièrement d’accord sur le fait que les images hentai n’apportent pas grand chose à la plupart des articles. Elles me semblent souvent très éloignées de textes des billets, et comme tu utilises toujours les mêmes, je les perçois plus comme une agression visuelle que comme un élément agréable à regarder.


ralphy a écrit le 2 juin 2008 à 13:56 :

ralphy

RomanAge, Cinn : Notez que j’ai moi-même censuré les parties génitales de l’image ci-dessus avant de la mettre en ligne. Cependant, il est vrai que cette image est assez explicite. Mais l’est-elle davantage que ce que nous voyons sur la devanture des libraires qui montrent des couvertures suggestives des magazines pour adultes censurées par des minuscules étoiles aux endroits les plus sensibles ?

Néanmoins, je réfléchirai à vos remarques pour rendre le site moins agressif visuellement, car ce n’est pas l’effet recherché.


RomanAge a écrit le 2 juin 2008 à 16:36 :

ralphy

Les images elles sont plutot amusantes, et pas completement hors-sujet, seulement c’est leur repetition qui est responsable du phenome d’agression, comme le dit Cinn, non-pas par leur caractere sexuel (qui je le repete donne une image X au site que je ne trouve pas vraiment exacte et assez inutile, mais c’est un choix qui se respecte).


Romain a écrit le 9 juin 2008 à 17:36 :

ralphy

La fille qui faisait ce témoignage s’explique :

http://www.dailymotion.com/video/x5poif_xtina-generation-porno-sur-arte_news

Comme on pouvait facilement le supposer, les réalisateurs l’ont poussé à amplifier ses propos, et ont coupé de telle sorte qu’elle passait pour une nymphoman.

Bref, gros fake, c’était prévisible.


Cinn a écrit le 9 juin 2008 à 20:52 :

ralphy

C’est de plus en plus confus cette histoire !

La jeune fille dit que les réalisateurs l’ont poussée à dire n’importe quoi… mais je ne suis pas sûre pour autant que les choses soient claires dans sa tête. Ni même qu’elle soit consciente des implications ce qu’elle dit. Mais quelle importance, puisque « personne ne regarde la télé » et que « les journalistes ont un audimat à respecter, un boulot à faire », et qu’au nom de cela, on peut dire n’importe quoi à la légère?… Bref, cette nouvelle vidéo ne me semble pas plus « authentique » que la première.


Unefille a écrit le 24 mai 2009 à 21:20 :

ralphy

Le sexe a toujours attiré les hommes. Et quand on est jeune, on se pose aussi des questions,on veut séduire et plaire. Alors évidemment il y a plus de sexe sur internet, mais je suis sure qu’avant les gens parlaient entre eux de sexe, seulement il y avait plus de tabous, la femme était moins respectée. Il y aura toujours une majorité de con pour reproduire ce qu’il voir sur internet en étant incapable de faire la différence entre le fictif et l’imagaire. Il y aura toujours de grosses  brutes qui penseront que ‘enfoncer son dard comme un bourrin’ c’est super cool…
J’aime savoir que sur Internet on peut trouver de tout, on est face à la réalité si sale et si brutal. Il ya ceux qui s’en serviront pour comprendre le monde et voi jusqu’ou l’homme peut aller et puis il y a les autres qui se laisseront influencer.
Et puis surveiller ce que font vos enfants, mais normalement si ils ont une conscience ça ira tout seul, ils deviendront des gens biens et respectueux malgré le monde qui les entoure =D (enfin c’est mon cas je crois !)


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