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Etudes de la pornographie

Qu’est-ce que la pornographie ? Vaste débat. Pour preuve, deux avis très opposés.

Porn Studies (Linda Williams)La récente lecture du blog plaisir plaisir & jouissance m’a fait découvrir Linda Williams, une universitaire qui étudie (notamment) la pornographie. Suite à son essai sur la pornographie Porn Studies, elle a donné une entrevue à Libération :

Mon angle était celui d’une féministe très classique : j’abordais le sujet avec des réflexes comme celui de la soumission de la femme, sa transformation en objet ou la question du regard masculin unilatéral. Mais je me suis rendu compte que ces idées étaient fausses, que tout un pan du cinéma porno y échappait. J’ai découvert que le porno avait une histoire, des évolutions, une culture. Du coup, ce chapitre est devenu le coeur d’un autre travail, l’étude de la pornographie. […] Je n’aime pas tellement le mot, mais je trouve le porno… «libérateur». […] En tout cas, le monde professionnel du X est avide d’attention et de respect.

Cette vision très asceptisée du porno ne semble pas partagée de tous, comme l’indique Isabelle Sorente dans son article GANG BANG, La pornographie, bagne sexuel industriel :

Aussi dérangeant que cela puisse être, derrière chaque vagin, chaque bouche à pipe, chaque anus, derrière chaque trou rempli de foutre, de doigts, de poings, de centaines de bites d’affilée, se cache un être humain. Un être humain, un corps qui, souvent, saigne entre les scènes. Qui s’évanouit pendant les plans coupés. Qu’on redresse tant bien que mal pour l’éjac finale dans la gueule. Nous le savons aujourd’hui. Beaucoup de sang coule de ces culs anonymes, aux noms de gâteaux. […] Ne pas y penser, c’était mon cas avant. Avant de m’intéresser à l’envers du décor. Même si l’univers formaté et prévisible des films pornos m’a toujours paru ennuyeux, je ne dédaignais pas une vidéo de temps en temps, quelques scènes un peu crades pouvaient même me mettre en train, par contagion joyeuse de l’effet salope. Mais c’était avant. Une fois qu’on sait, il faut bien avouer que ça gâche le plaisir. […] En vérité, qui sont vraiment ces hommes et ces femmes que le spectateur consomme à longueur de vidéo ? Tous des enculeurs fougueux et des salopes qui aiment ça ? Ou encore des fainéantes qui refusent de bosser ? Réponse d’un producteur de porno suédois : « Ce sont très souvent d’anciennes victimes de viols ou d’inceste dans l’enfance. » Et puis, après un temps : « Bien sûr, dans ces conditions, on peut se demander si elles choisissent ce métier librement ». […] Réponse d’un ancien commissaire, qui a rencontré d’innombrables prostituées et actrices du hard : « J’ai connu des milliers de filles. En fait, j’ai plus l’impression d’avoir rempli une fonction de travailleur social. Ce ne sont pas les mêmes filles dans le porno et dans la prostitution. Mais elles ont les mêmes origines. Presque toutes ont été abusées dans l’enfance. » […] La première, sourire figé, terrible, regard fixe : « Je sais que je suis une grosse pute. Mais je ne me rappelle plus quand ça a commencé » . La seconde : « Peut-être… quand je me suis fait enculer par l’avocat de mon père. Enfin, je ne sais plus si c’était son avocat ou un de ses collègues. J’avais douze ans. » Tout cela dit avec l’indispensable sourire caméra et en enfonçant un doigt manucuré dans une chatte épilée et parfaitement sèche. […] Mais après tout, comme le dit un autre producteur : « Il n’y a pas de loi interdisant de faire de l’argent dans un système capitaliste. Je n’ai pas inventé le capitalisme. Je suis innocent. »

Vos commentaires sont les bienvenus.


Réactions des lecteurs

Il y a 5 réactions pour l'article Etudes de la pornographie.

cacahuète a écrit le 1 mars 2005 à 13:03 :

ralphy

La lecture de l’article complet D’Isabelle Sorente fait froid dans le dos.Atroce.

Je me suis souvent demandée comment se passait un tournage de film pornographique, et il est vrai que je serais curieuse d’assister en spectatrice à un de ces tournages pour voir de quoi il en retourne exactement,qui sont ces gens qui montent sur un plateau de tournage pour l’industrie du sexe ? Qui sont ceux qui se cachent derrière les caméras ?

J’ose espérer que tout ne se passe pas toujours comme décrit par Isabelle Sorente.


ralphy a écrit le 1 mars 2005 à 13:22 :

ralphy

Sans être un spécialiste de l’industrie pornographique, je trouve l’article GANG BANG, La pornographie, bagne sexuel industriel particulièrement alarmiste et très orienté. Je n’ai pas l’impression d’avoir vu les mêmes films que Isabelle Sorente.

J’ai l’impression de lire un article « les jeux vidéo, c’est mal » d’il y a une dizaine d’années, où l’on nous expliquait tous les dangers relatifs aux jeux vidéo, tels que la désocialisation, la violence, la dépression et j’en passe. On nous parlait alors de cas que je n’avais jamais rencontrés encore aujourd’hui, après 20 ans dans le milieu de jeux vidéo, dont 8 en tant que professionnel.

Ceci dit, si comparer la pornographie à la prostitution me semble tout à fait pertinent (après tout, il s’agit pour les acteurs de se faire payer pour une relation sexuelle) — et je ne me permettrai pas de porter un jugement sur ce type de pratiques — je trouve déplacé de donner l’impression que toutes les actrices pornographiques sont victimes d’inceste.

Quant aux records du monde de Gang Bang, au sang et aux pertes de connaissance, je pense qu’il est tout aussi dangereux d’en tirer des conclusions sur la pornographie que de tirer des conclusions sur le sport après avoir regardé un combat de boxe catégorie lourds.

J’invite tous ceux qui s’intéressent à la pornographie à visiter le blog de John B. Root, inkorrekt.


cacahuète a écrit le 1 mars 2005 à 17:02 :

ralphy

Disons que ça doit être comme partout: il faut savoir séparer le bon grain et l’ivraie.

Et peut être aussi ne pas abuser des bonnes choses: les jeux vidéos ne sont pas mauvais en eux-mêmes, trop d’heures passées devant les jeux vidéos peut-être.
Tout comme le simple fait de manger: aucun aliment n’est mauvais en soi, trop en manger peut provoquer certains désagréments ;))

Merci de m’avoir redirigé vers le blog de John B.Root, j’en avais perdu l’adresse, quant à son site officiel je ne le connaissait tout simplement pas. J’avais commencé ma lecture mais pas su l’achever, vu que son adresse était restée dans mon ancien PC. ;)))


soledad a écrit le 6 mai 2005 à 0:15 :

ralphy

« Sans être un spécialiste de l’industrie pornographique, je trouve l’article GANG BANG, La pornographie, bagne sexuel industriel particulièrement alarmiste et très orienté. Je n’ai pas l’impression d’avoir vu les mêmes films que Isabelle Sorente. »

POURQUOI? L’idée de te masturber devant des images de filles qui ne prennent AUCUN plaisir à faire ce qu’elles font, et qui sont traitées comme du bétail, ça te dérange? Tu préfererais penser que tout n’est pas si noir, que tout n’est pas si grave, que ça peut être beau la pornographie, (l' »erotisme » dirons-nous pour faire bien)

Pourquoi? Pour ne pas déranger les petits esprits de ceux qui regardent ce genre de film? Parce qu’il est dérangeant de constater que, effectivement, les actrices porno et les prostituées ont très souvent subi des sévices sexuels durant l’enfance?

Parce qu’il est plus agréable de fermer les yeux sur ces souffrances là où ceux qui regardent n’ont envie que de prendre du plaisir?


ralphy a écrit le 11 mai 2005 à 0:56 :

ralphy

En effet, l’idée de me masturber devant des images de filles qui ne prennent aucun plaisir à faire ce qu’elles font ne me séduit pas particulièrement. L’acte sexuel sans plaisir n’a pas de sens à mes yeux. Or, personnellement, je ne peux envisager une relation sexuelle sans affectif, d’une part, et sans plaisir partagé, d’autre part.

Ces deux raisons font que je préfère les films amateurs où l’on décèle justement le côté affectif et plaisant dans la relation de couple aux films professionnels où la performance masculine et les mensurations féminines (et masculines, d’ailleurs !) semblent être l’unique centre d’intérêt du réalisateur.

Comme écrit dans l’article ci-dessus, je ne prétends pas connaître le milieu du porno, mais lorsque deux sources différentes montrent deux facettes diamètralement opposées d’un même milieu, je me dis qu’il est difficile de croire qu’une seule soit dans le vrai.


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Sexualité : La sexualité désigne l'ensemble des pratiques sexuelles des êtres visant la reproduction sexuée, le plaisir sexuel ou d'autres fins.

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