Un blog sexo politico correcto

Compte-rendu de vacances… orgiaques

Avec le développement d’Internet et la facilité d’entrer en contact avec des gens d’au-delà des océans, le tourisme sentimental prendra-t-il le pas sur le tourisme sexuel ?

C’est l’hiver. Il est rude. Je suis en visite chez une jolie fille d’un autre continent. C’est la fin de mon séjour et nous profitons de chaque instant restant pour se voler un dernier baiser, une dernière caresse, un dernier sourire. On se fabrique de doux souvenirs pour tous ces moments où — bientôt — un océan nous séparera pour de bon.

Elle hésite à me raccompagner à l’aéroport, craignant que cette séparation ne devienne alors très douloureuse. De mon côté, je tarde à m’en aller. Je sais bien qu’il faut traverser de part en part toute la gare ferroviaire, puis marcher encore sur de longs kilomètres avant d’atteindre l’aéroport. Sans doute ai-je voulu provoquer mon retard, afin d’avoir un prétexte pour prolonger mon séjour.

Il faut dire que la neige n’aide pas à se motiver à sortir dehors, et il nous aura fallu appeler un taxi pour faire le chemin. Réticente, elle vient avec moi, mais envisage de me laisser à mi-chemin. Le taxi peine à avancer. La file de droite que nous empruntons est barrée par des voitures garées de travers, dont les conducteurs ont été surpris par la neige. La route est verglacée et on presse le taxi pour qu’il garde vive allure. Il ne semble avoir aucune gêne à pousser les voitures déjà embouties avec son pare-chocs. D’ailleurs, les autres automobilistes ne semblent pas non plus éprouver la moindre difficulté ou le moindre remords à jouer aux auto-tamponneuses.

Et la jolie fille qui m’accompagne décide, comme prévu, de descendre avant l’aéroport. Je l’appelle, lui cours après, la convaincs. Elle revient, pour mon plus grand plaisir. Le taxi nous abandonne donc près du grand hall d’où partent les avions pour l’autre continent. Mais là, surprise : les vols sont annulés. En effet, la tempête de neige empêche tout décollage dans la journée, mon vol est reporté au lendemain au moins.

La compagnie aérienne me propose donc de prendre en charge une partie de l’hôtel. J’en profite alors pour inviter la superbe créature qui m’accompagne à me suivre. Ça ne rate pas. Nous passons une journée à batifoler au plus grand bonheur de l’un comme de l’autre. D’ailleurs, par « batifoler », j’entends surtout que nous entamons une orgie des plus orgiaques, multipliant les pratiques les plus inavouables, ou du moins les plus inavouées. Plus excitant encore : j’immortalise ces moments sur mon appareil photo, avec le consentement et la participation active de mon amie, que cela soit sous forme de photographies ou de vidéos.

Le lendemain, c’est le drame. Certes, un drame qui nous arrange bien. Enfin… un drame qui m’arrange moi, du moins. En effet, un attentat à la bombe a lieu à l’aéroport de Bonn, en Allemagne. Tous les aéroports européens sont fermés pour fouille approfondie pour 24 heures. Et rebelote : hôtel, orgie et immortalisation de ces moments pour le moins intimes.

Un autre fait inattendu se produit. Personne n’y aurait pensé. On se serait moqué du romancier qui l’aurait imaginé, si quelqu’un l’avait fait. Un volcan islandais se réveille et crache des nuages de cendres, clouant au sol les avions en partance pour l’Europe où les espaces aériens et aéroports se ferment, les uns après les autres.

Là, les choses se corsent, car les voyageurs au départ deviennent plus nombreux. Du coup, les hôtels deviennent de plus en plus occupés et les compagnies aériennes de plus en plus réticentes à aider les passagers, coincés. Les gouvernements se mobilisent pour aider leurs ressortissants. Cependant, mon pays de destination n’est pas lié à celui de ma nationalité. Qui donc voudra bien me rapatrier chez moi, dans un tel chaos ?

Des files d’attente se forment aux divers guichets, qu’il s’agisse des compagnies aériennes, des aéroports, des ambassades ou des hôtels. On y montre patte blanche pour pénétrer les lieux. Passeports et billets à la main, des vigiles formés sur le tas et dans l’heure barrent l’entrée aux mauvaises personnes, l’atmosphère se réchauffe, mais les vols n’en restent pas moins reportés.

Nous ne perdons pas le Nord pour autant et multiplions les moments plaisants, passés à deux, aussi imprévus et improbables puissent-ils être. Mon appareil photo est désormais gorgé d’une bonne collection de photos et vidéos en tous genres, afin de compléter mes souvenirs idéalisés par des images et sons plus crus et réels.

En parallèle, les autorités responsables du trafic aérien cherchent des solutions pour fluidifier la situation pour un retour rapide à la normale en fin de crise. Pour faire face à la carence de pilotes disponibles face aux besoins, un équipage pilotera désormais deux à trois avions en parallèle, depuis un même cockpit, à distance. Ainsi, les avions de ligne se piloteront par escadrilles de deux ou trois, avec un même et unique équipage, par téléguidage. Pour éviter les nuages de cendres, de nouvelles voies aériennes seront ouvertes, encore inexplorées jusqu’ici. Ainsi, des vols à basse altitude seront expérimentés, obligeant les gros porteurs à voler jusque sous les lignes à haute tension, obligeant les pilotes à rester en mode manuel tout au long du trajet.

Le jour tant repoussé arrive donc enfin. Un avion expérimental et aux dimensions titanesques — mon avion — s’apprête enfin à partir. Ce sont des centaines, voire des milliers de voyageurs qui montent à son bord. Et là, une question me vient à l’esprit : où diable est passé mon appareil photo numérique qui m’a servi à immortaliser tant de moments si personnels et intimes ? Pour autant que je m’en souvienne, je l’avais rangé dans le rangement externe d’une valise grise, mais à force de multiplier les allers-retours entre l’hôtel et l’aéroport, les files d’attentes, l’enregistrement — vain — des bagages, j’ai perdu de vue ma valise et celle-ci n’est plus en ma possession ! Ou bien s’agissait-il de ma valise bordeaux, elle aussi disparue dans la pagaille ? Aurais-je oublié l’appareil à l’hôtel ? Est-ce sur une banquette quelconque de l’aéroport ? Quoi qu’il en soit, il est trop tard maintenant : j’ai beau chercher partout, je ne retrouve pas cet appareil de malheur qui contient pourtant du contenu pour le moins compromettant, et notre culture étant ce qu’elle est, du contenu surtout compromettant pour « ma » belle ! C’est donc en dernier que je monte à bord, après avoir fouillé partout, sans résultat.

L’avion est prêt à partir alors qu’un événement pour le moins imprévisible se produit. Que peut-il arriver après tant d’aventures pour le moins improbables ? Un engin extra-terrestre peu amical descend du ciel. Si, si, j’vous jure ! Celui-ci essaye de remonter les rampes d’escaliers menant à bord de cet avion hors normes qui est sur le point de partir. Mais les portes d’embarquement sont déjà fermées et le pilote a déjà mis en route la procédure de décollage. D’ailleurs, l’arrivée d’une forme de vie venue d’ailleurs aux intentions agressives incite à un départ immédiat, d’autant que l’intrus semble nous en vouloir personnellement, tentant même de nous détruire avant notre départ. C’est en sautillant sans succès pour rejoindre le pont d’embarquement que — soudain — cet OVNI apparu comme un cheveu sur la soupe se fait aspirer par l’un des gigantesques réacteurs de notre propre vaisseau, qui tient davantage de l’USS Enterprise que de l’Airbus A380. Le pilote hésite, mais finit par prendre la décision de partir malgré l’un des six moteurs partiellement inopérant.

Et l’avion décolle, assez vite, d’ailleurs. Cependant, une fois en l’air, les ennuis commencent. Alors qu’il survole la ville, son altitude baisse dangereusement, et bon nombre de spectateurs médusés voient un spectacle pour le moins étonnant, voyant l’avion se poser sur le fleuve. Nul doute que la vidéo de l’exploit du pilote hors pair sera postée dans l’instant sur Twitter, puis reprise dans le monde entier. Par chance, l’avion flotte sur l’eau et se rapproche même spontanément de la berge, permettant à chacun de s’en sortir avec quelques bobos à peine. Certes, au moment de quitter le vaisseau, c’est la panique. Il y a ceux qui gonflent leur gilet de sauvetage avant de l’enfiler, se faisant enguirlander par l’équipage, agacé sans doute de ne pas s’être fait écouter lors des consignes de sécurité exposées avant le décollage, ceux qui jettent des bateaux gonflables un peu trop loin de l’avion, de sorte qu’ils doivent plonger dans l’eau glacée pour monter à bord, mais dans l’ensemble, vues les circonstances, aucune victime sévère n’est à déplorer, et même la carcasse de l’avion fait preuve de bonne volonté en évitant de sombrer au fond de l’eau.

Bref, je rentre enfin chez moi, finalement. Un courrier recommandé avec accusé de réception m’attend de la part d’un groupement de clients mécontents d’un hôtel où je n’avais jamais mis les pieds me demandant de les rejoindre dans leur class action contre la direction de l’établissement pour faire valoir leur droit aux dommages et intérêts suite à la mauvaise prestation fournie par leur lieu d’hébergement.

Mais qu’est-ce que vous voulez que cela me fasse, m’écriai-je soudainement. Qu’est-ce que vous avez à m’énerver avec vos histoires d’hôtel à la con dont je n’ai jamais ne serait-ce entendu le nom ? J’ai des soucis autrement plus graves en tête, comme cette épée de Damoclès au-dessus de la tête de la jolie fille de l’autre côté de l’océan ! Autant les images et films que nous avons pris n’avaient rien d’extraordinaire sur le moment, bon nombre de couples (?!) intégrant ce type de jeux dans leurs fantasmes, aucune de ces images n’avaient vocation à finir sur un site de porno amateur ou un autre. Or, avec cet appareil dans la nature, ce n’est qu’une question de temps.

Aussi, continuais-je mes cris… en me réveillant.



Réagir à cet article

Tchat

Discutez en direct sur ce tchat gratuit où vous pouvez vous exprimer à loisirs, dans un français correct, dans le respect des autres et des lois en vigueur.

Vocabulaire

Les définitions suivantes vous aideront à mieux comprendre l'article ci-contre :

Photographie : La photographique est un procédé chimique ou électronique de créer des images fixes à l'aide de lumière.

Rêve : Le rêve est un assemblage de situations plus ou moins cohérentes qui surviennent au moment du sommeil.

Abonnement

Ne ratez plus aucun article de Les perles du chat en vous abonnant gratuitement aux flux d'information du site :

Articles (flux RSS)

Commentaires (flux RSS)

De plus, vous pouvez suivre l'actualité de Les perles du chat en temps-réel sur Twitter.

Par ailleurs, vous pouvez discuter en temps-réel sur le tchat gratuit de Les perles du chat avec les autres visiteurs du site.

  • Catégories

  • © 2004-2019 Les perles du chat • Tous droits réservés • Informations légalesConfidentialitéGlossaire du tchat